Commune de Béjaïa : L’arrière-port « sinistré »

Vivant un calvaire au quotidien, les 150 amodiataires et la quarantaine d’habitants de la zone d’activité de l’Arrière-port n’en peuvent plus manifestement d’attendre des solutions qu’ils ne voient pas se profiler de manière concrète à l’horizon.

Organisés en association, les concernés ont tenu une assemblée générale qui a fait dernièrement le tour sur l’urgence de remédier à l’exécrable situation endurée : routes défoncées et constamment embourbées et inondées, un trafic automobile intense et anarchique, pollutions diverses, collecte des ordures déficiente…. Les opérateurs ont, à l’issue de cette assemblée, pris option pour des actions de protestation. En ce sens, une grève de dix jours est annoncée. Lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’UGCAA, la semaine dernière, les représentants des amodiataires ont détaillé les raisons de leur colère, parmi lesquelles un réseau routier dont l’extrême dégradation cause « dangereusement préjudice aux usagers et aux commerces ».

Le nombre de grands tonnages dépasserait la norme tolérée : entre 825 et 1125 camions chaque jour. Les conférenciers dénoncent par ailleurs l’utilisation de l’Arrière-Port comme parc, au point où les accès des commerces et des habitations s’en trouvent condamnés. Comment dans ces conditions évacuer un malade en urgence ? s’interrogent-ils. Appuyant leurs assertions sur un film montrant un bouchon sur les lieux, les conférenciers se sont par ailleurs inquiétés de l’impossibilité de manœuvres sur les lieux pour les sapeurs pompiers « en cas de catastrophe or que des transports de carburants empruntent souvent en file la zone ? ». Le pire, a-t-on ajouté, « pour ne pas interférer avec la chaîne des camions attendant d’entrer au port, les riverains sont sommés de dégager leurs véhicules ». L’association préconise une sécurisation de la circulation en n’autorisant la chaîne qu’aux camions munis d’un bon d’enlèvement, et pour le reste la création de ports secs à l’extérieur du périmètre. Les protestataires veulent également une réglementation tenant compte de l’aspect urbain de la zone ; notamment revenir sur l’orientation donnée à la création de cette première zone d’activité en 1936, à savoir l’implantation d’activités de type « artisanal non polluant ». L’un d’eux, M. Farés Kabla, cite l’exemple de dépôts de ciment, de produits chimiques, d’engrais, de produits phytosanitaires. Ce qui, selon lui, n’est pas sans risque sur le plan sanitaire. M. Mustapha Chebihi, lui, reviendra sur la « confusion » en appliquant une convention portuaire. S’agissant d’un lot placé sous tutelle de l’APC, il est réclamé une inscription dans une « convention communale ».

Allusion est faite notamment à la détermination des loyers et à la nature précaire et révocable du contrat, d’où découle une non disposition aux réaménagements. Ce type de contrat n’est pas « pour faciliter les prêts bancaires », relève-t-on encore. La solution pour M. Chebihi est une cession pour tout le monde, au lieu et place du traitement « sélectif » réservé au dossier. M. Kabla soulève, d’autre part, le problème des redressements fiscaux. C’est pour lui un paradoxe dans une zone qu’il qualifiera de sinistrée. La précarité des lieux, abondera M. Chebihi, a fait baisser jusqu’à 80 % les chiffres d’affaires. Ce qui aurait forcé certains à mettre la clé sous le paillasson à l’exemple de cette station-service fermée et de ce concessionnaire automobile qui a perdu son agrément.(elwatan)

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