Ali Brahimi quitte le RCD

Une lettre datée du 2 juin 2009 et signée par le secrétaire national à l’organique fait état de ma suspension du parti avant traduction devant la commission des conflits. Il m’est reproché principalement d’avoire sollicité le témoignage de mes collègues députés sur la vacuité d’une grave menace que le président du parti m’avait adressée lors de la réunion du groupe parlementaire du 31 mai 2009.

Il remet également à l’ordre du jour les griefs qu’il m’imputait dans sa massive du 29 avril 2009 où j’étais sanctionné de bannissement des activités du parti dans la seule wilaya de Bouira. Pour rappel, j’avais démissionné de ma propre initiative du secrétariat national, le 15 mars, pour cause de non-respect de mes prérogatives par la président du parti.

Ces faits ont été rapportés partiellement par la presse nationale des 1er et 2 juin 2009.

 

Décidée à 48 heures de la première session ordinaire du conseil national après sept mois de gel de cette instance souveraine-hormis la réunion extraordinaire du 15 janvier-cette nouvelle “sanction” vise à m’interdire la prise de parole d’avant elle.

Face également au contrôle de l’appareil, propre à toute formation à fonctionnement autoritaire, ce piège à caractère policier projette de me réduire complètement au silence.

 

Dès lors, il ne me reste plus que le canal public pour exercer mon droit à la liberté d’expression. Pourquoi ai-je préféré m’adresser directement au président du parti ?

Trêve de mystification ! Le président est le seul à décider de tout dans le RCD. Comme dans les régimes totalitaires, les structures existent, mais elles sont complètement dépendantes du chef. Ce travers structurel est confirmé jusqu’à la caricature par l’aveu de Boucetta Rabah, secrétaire national à l’organique, qui dit que les sanctions sont édictées et dictées par le président du parti.

Cette suspension est la traduction administrative-une de plus !-dont le but est d’empêcher toute velléité de débat sur le fonctionnement et la ligne politique. Les errements de cette dernières, soumis au gré des intérêts et humeurs du chef, ont atteint ces derniers temps un niveau d’irresponsabilité qui hypothèque l’avenir du parti et la perspective démocratique.

En réalité, les dérives d’aujourd’hui sont inhérentes à ce genre de fonctionnement qui consacre exclusivement le leader. Le lien entre le fonctionnement autoritaire et l’opacité de la gestion est dialectique, créant un rapport personnalisé et patrimonial entre le parti et son président. Le président ne souffre aucune autonomie ou nuance d’opinion chez les cadres du parti. Toute prise de position ou initiative porteuse lui fait craindre de perdre le contrôle de l’appareil. Il redouble de férocité et ordonne à la commission des conflits, soumise à son pouvoir exorbitant du désignation, d’exécuter ses désirs.

Depuis la naissance du RCD, Saïd Sadi souffre du SALM (syndrome Aït Larbi Mokrane). C’est pour toutes ces raison que je considère que la commission de discipline du RCD est comme la mort. A l’image de tout intégrisme, on y goutte une seule fois. Je refuse donc de me soumettre à la guillotine. Mon combat pour la démocratie, d’abord commencé dans la clandestinité contre le parti unique, puis en dehors des institutions et enfin à l’intérieur de celles-ci, sera poursuivi pour les mêmes idéaux et objectifs.

De ma place de député, je demeurerai au service de mes concitoyens et de la nation. Je serai également à l’écoute de tous les militants démocrates pour trouver les voies et moyens d’aider notre pays à avancer vers le progrès et la liberté. Vive la démocratie, vive l’Algérie.

Ali Brahimi

Député de Bouira

Président de la commission de la culture à l’AP

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