Archive pour juin 2009

Comment Achour Abderrahmane a dilapidé l’argent de la BNA ?

Mardi 23 juin 2009

achourabderahmane.jpgLe procédé utilisé pour subtiliser 21 milliards de dinars de la Banque nationale d’Algérie (BNA) consiste en la création légale d’au moins 9 entreprises fictives, gravitant autour d’une société principale, National A+ qui, elle, existe sur le terrain. La deuxième étape consiste en l’ouverture de 12 comptes: 9 à Cherchell, 2 à Koléa et 1 de National A+ à Bouzaréah. Puis vient la troisième étape durant laquelle interviennent les dépôts de chèques au nom de National A+ pour encaissement au profit des différentes sociétés fictives gérées par Achour par procuration. La quatrième étape consiste à laisser en suspens entre les agences toutes les écritures dans le but de laisser les opérations sans suite et assurer à Achour l’encaissement des chèques alors que les comptes ne sont pas approvisionnés. De Bouzaréah, les chèques sont transférés d’un compte à un autre d’une agence à une autre, jusqu’à ce qu’ils arrivent à Koléa où dans 80% des cas, ils sont encaissés et sortis dans des cabas, pour ne pas dire des camions, parce qu’il s’agit d’importantes sommes. Dans chacune des étapes, les accusés ont un rôle bien déterminé à jouer pour mener à bien ce procédé diabolique digne de la maffia italienne.

L’organisation est structurée autour de 14 membres, dont la tête pensante ou le commanditaire est Achour Abderrahmane, secondé par un lieutenant, Ainouche Rabah, des proches, Settouf Djamel et Settouf Baghdad et avec comme homme de confiance et de mission Mustapha Moaci. Achour n’aurait pris un sou de la banque si les directeurs des agences, ces employés chargés de veiller à la protection des deniers publics, ne l’avaient pas aidé par leur complicité et si les cadres dirigeants comme le PDG, l’inspecteur général ainsi que les commissaires aux comptes, n’avaient pas été négligents. Chacune des accusations d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de dilapidation de deniers publics, de négligence ayant occasionné la dilapidation de deniers publics et le faux en écritures bancaires ont été toutes décortiquées pour être justifiées et présentées comme irréfutables.  Synthèse d’El Watan

Algérie-ONU: Grave revers pour la diplomatie algérienne à Genève

Dimanche 21 juin 2009

Alkarama for Human Rights.

L’institution nationale des droits de l’homme (INDH) algérienne, présidée par Me Farouk Ksentini, a été rétrogradée par le Comité international de coordination des institutions nationales (CCI). Cette décision constitue un revers cinglant pour la diplomatie algérienne qui n’a pas ménagé ses efforts pour discréditer les organes et les experts de l’ONU ainsi que les ONG et les militants des droits de l’homme engagés dans le dossier algérien.

L’accréditation par le CCI n’est octroyée qu’après examen du respect par les INDH des « Principes de Paris  » qui déterminent le cadre de leur action. Après avoir obtenu cet agrément en 2003, la Commission Nationale Consultative de Promotion et de Protection des Droits de l’Homme (CNCPPDH) a réitéré sa demande, cinq ans plus tard, en janvier 2008, conformément au règlement. Le Sous-Comité d’accréditation du CCI lui a fait part au mois d’avril 2008 de son intention de la déclasser et de la rétrograder au statut « B » pour non-conformité avec les « Principes de Paris « . N’ayant pas fait suite aux demandes du Sous-Comité, la CNCPPDH vient donc de perdre son accréditation.

Cette accréditation est d’une grande importance pour les institutions nationales des droits de l’homme car elle leur permet d’agir à divers niveaux de l’ONU: Elles peuvent participer aux sessions et aux travaux du Conseil des droits de l’homme, prendre la parole devant lui sur tous les points de l’ordre du jour en qualité d’entité indépendante et entrer en relation avec ses divers mécanismes. L’institution nationale accréditée peut également soumettre des déclarations écrites, diffuser une documentation portant la cote que les Nations Unies leur ont assignée et agir auprès des organes conventionnels et les procédures spéciales de l’ONU.

Alkarama avait pour sa part présenté le 5 février 2009 au Sous-Comité d’accréditation ses observations relatives à la nature et l’action de la CNCPPDH. Elle avait notamment relevé la dépendance de la Commission à l’égard du pouvoir exécutif, l’absence de transparence dans la nomination de ses membres, le manque de coopération avec les organes de l’ONU et avec les ONG indépendantes de défense des droits de l’homme. Plusieurs de ces observations ont été reprises dans la note que le Sous-Comité d’accréditation a présenté au Comité international de coordination des institutions nationales (CCI).

Il faut rappeler que les délégués algériens à l’ONU ne laissent passer aucune occasion pour décrier les positions des organes de l’ONU, particulièrement celles des experts indépendants et des procédures spéciales. Les ONG et les militants des droits de l’homme n’ont pas manqué de relever le rôle particulièrement actif joué par l’Algérie en 2007 lorsque certains pays, parmi les plus répressifs de la planète, ont tenté d’imposer un « code de conduite » très restrictif destiné à entraver l’indépendance des experts chargés d’enquêter sur les violations.

L’Algérie, par la voix de son représentant permanent auprès de l’ONU, s’est particulièrement distinguée dans cette entreprise. Ce dernier avait notamment défendu le projet de créer un « comité éthique » pour juger les experts de l’ONU qui ne respecteraient pas ce code lorsqu’ils visitent des pays accusés de violations. Finalement, le texte final voté n’a pas repris les propositions les plus contraignantes proposées notamment par l’ambassadeur algérien, tout en réduisant l’action des experts qui constituent pourtant la clé de voûte des mécanismes onusiens de protection des droits de l’homme.

Il est manifeste que, bien qu’elle ait ratifié un grand nombre de traités internationaux, l’Algérie n’en respecte pas les principes de manière satisfaisante mais surtout ne prend pas au sérieux ses organes de surveillance. Les dérapages verbaux se sont multipliés lors de l’examen des rapports périodiques par les Comités des droits de l’homme et contre la torture.

Me Ksentini, président de la CNCPPDH, institution supposée coopérer avec les organes de l’ONU mais également relayer leurs conclusions et recommandations a qualifié les observations du Comité des droits de l’homme d’ » affabulations à haut débit et qui relèvent de la bouffonnerie»[1] ajoutant que ce comité « avait dans le passé pris fait et cause pour le terrorisme contre l’Algérie ».[2] Il refuse catégoriquement la visite de rapporteurs spéciaux sur la torture ou les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires.

Au plus fort de la violence subie par la population dans les années 90, avec ses cortèges de disparitions forcées, d’exécutions sommaires et de victimes de torture, la diplomatie algérienne avait réussi à paralyser l’action de l’ONU disposée alors à demander l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les massacres et autres violations graves des droits de l’homme commises par les forces de sécurité tous corps confondus.

Toujours sous le régime de l’état d’urgence depuis 17 ans, la diplomatie algérienne subit aujourd’hui les contre-coups de son attitude. Les observations des deux Comités de l’ONU en octobre 2007 et mai 2008 rappellent que les commanditaires des disparitions forcées et des massacres n’ont à ce jour pas été appréhendés ni sanctionnés.

En définitive, la rétrogradation de la CNCPPDH par le CCI constitue à n’en pas douter un revers particulièrement grave qui entache une fois de plus la crédibilité de l’Algérie en matière de droits de l’homme.(algerie watche)

[1] Farouk Ksentini: Il n’y a pas de prisons secrètes en Algérie, par Djamel B., Le Quotidien d’Oran, 4 novembre 2007.
[2] idem.

Rapport détaillé du complot, de l’enlèvement à la résidence surveillée(ffs1963)

Dimanche 21 juin 2009

Par Kamel Eddine Fekhar. Ghardaia.

Le lundi 15 juin 2009, aux environs de 14h 15, j’étais dans l’un des couloirs de la mairie de Ghardaïa avec mon ami Soufghalem Kacem, vice-président de l’Assemblée populaire communale et brusquement et sans préavis, un groupe de civils que je ne connaissais pas s’est jeté sur moi. Et avant la moindre réaction de ma part, les civils m’ont pris par les bras. Lorsque j’ai essayé de me libérer de leur prise, l’un d’eux m’a dit: «police». Sans me présenter aucun document ni aucun motif d’accusation, tout cela se déroula au vu et au su des fonctionnaires de la mairie et des citoyens présents. Lorsque je leur ai demandé d’ôter leurs mains et de mettre un terme à ces méthodes primitives et agressives, sans raison et en leur disant que je les accompagnerais où ils veulent, pour peu qu’ils m’informent des raisons de tout cela, ils me répondirent brièvement et à travers des regards vengeurs et remplis d’hostilité: «Tu verras et tu sauras tout quand tu arriveras là-bas !!».

Puis on m’a conduit à une voiture de police qui se trouvait dans la cour de la mairie.

Lors de notre arrivée au commissariat central, on m’a introduit dans l’un des bureaux on m’a confisqué immédiatement mon téléphone portable, sans aucune explication quant à mes interrogations. Après une attente de près d’une heure, ils décident enfin de m’interroger. J’ai demandé alors à l’officier responsable les raisons de toutes ces atteintes à la loi, aux droits les plus élémentaires de l’homme et aux règles de l’éthique. Il me répondit en toute simplicité: «Je suis un fonctionnaire et j’exécute les ordres. Je n’ai aucun problème personnel avec quiconque». Il poursuivit en me disant: «qu’après avoir répondu aux accusations dont je fais l’objet, je regagnerais mon domicile, sans problème !!». 

Après cela, l’officier sortit une pile de dossiers contenant les accusations portées contre moi. Ils s’agissait d’étranges accusations portées par des commerçants sur instigation d’individus appartenant au parti Ennahda et affiliés à une organisation parasite préfabriquée par le pouvoir et qui est connue sous l’appellation «El A’ayane». Ces derniers étaient derrière toutes les manœuvres pour briser la grève de solidarité avec le jeune opprimé Mohamed Baba Nadjar. Cette étrange accusation consistait à «avoir brisé la serrure d’un local commercial» et elle ne m’était pas adressée à moi mais au parti du Front des Forces Socialistes (FFS) !!!

Je me suis soumis à l’officier responsable, alors qu’au fond de moi je n’étais pas convaincu  que tout ce spectacle, ces dépassements et ces violations de la loi soient en rapport avec ce dossier ridicule: «un parti politique qui avait brisé la serrure d’un local commercial !!»

Aux environs de 17h et au moment où j’ai demandé à l’officier de me remettre mon téléphone portable afin de rejoindre mon domicile, on lui  ramena un nouveau dossier plus volumineux et qu’il semblait voir pour la première fois. Il s’efforçait de savoir ce qu’il contenait. Il commença alors à m’informer du délit dont j’étais accusé: «incitation  à incendie d’un véhicule de police» et poursuivit en s’étendant en explications – devant mon étonnement et ma stupéfaction – m’apprenant ainsi que monsieur Lemdahkal Omar, détenu pour avoir incendié un véhicule de police en date du 27 février 2009, aurait déclaré dans un PV d’audition de police  que  «le Dr Kamaleddine Fekhar, responsable du FFS à Ghardaïa lui avait demandé de commettre cet acte contre la somme de 40 000 DA !! » et «que le Dr Fekhar l’aurait conduit chez un psychiatre pour lui délivrer un certificat médical afin de le protéger des poursuites judiciaires !! ».

La situation était complexe. D’un côté et logiquement  je devais rester serein au maximum, car je ne connaissais pas du tout ce monsieur Lemdahkal Omar et j’essayais de me souvenir de l’histoire de l’incendie du véhicule de police. D’un autre côté, et connaissant très bien l’appareil judiciaire, soumis au pouvoir et les expériences précédentes avec cet appareil en commençant avec les événements de Ghardaïa de 2004 après la grève pacifique des commerçants, quand il avait lancé des mandats d’arrêt à mon encontre et contre des militants du FFS et de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme en nous collant les accusations d’incendie volontaire, agression avec armes blanches contre des policiers, rassemblement….etc. Tout comme dans l’affaire Baba Nadjar, lorsqu’ils ont essayé d’exercer des pressions et de marchander avec le jeune Mohamed Baba Nadjar pour coller l’accusation d’incitation au meurtre à un responsable du FFS de Ghardaïa, en contrepartie de sa libération, ce que refusa ce courageux jeune, homme à  principes et qui paie, aujourd’hui le prix de cette attitude courageuse. Il est actuellement condamné à la perpétuité, après avoir été condamné à la peine capitale en première instance.

Il est certain que le dossier d’accusation a été préparé avec une attention particulière, après leur échec patent et la divulgation des détails du complot dans l’affaire Baba Nadjar. C’est pour cette raison qu’ils ne se sont pas lancé dans cette arrestation spectaculaire et cette accusation que ne peut admettre tout être raisonnable, sans avoir préparé tout cela de manière minutieuse et dans les moindres détails. D’autant plus que l’accusé principal dans cette affaire où je suis cité est un individu connu des services de sécurité. C’est un toxicomane et un repris de justice. A partir de toutes ces données, j’ai compris et avec certitude que le pouvoir, comme je l’appréhendais toujours, avait préparé soigneusement un  nouveau scénario sale pour mettre un terme à l’activité de l’opposition politique et à toute revendication pacifique des droits et libertés.

C’est ainsi que j’ai informé immédiatement le commissaire que j’entamais une grève de la faim illimitée, que je ne répondrais désormais à aucune question ni signerais aucun document et qu’ils fassent ce qu’ils veulent.

Aux environs de 19h 30, ils ont autorisé des membres de ma famille à me rendre visite et j’ai profité de l’occasion pour les informer de la grave accusation préfabriquée et portée contre moi. J’ai demandé aux membres de ma famille d’informer l’opinion.

Aux environs de 20h, j’ai été transféré dans une cellule du commissariat. Ce qui est étrange, c’est que durant toute ma garde à vue qui a duré près de 30 heures, on ne me proposa aucun repas, même pas un café !! Est-ce une pratique commune à tous ceux que la malchance ramène en ces lieux ou est-ce une pratique et un type d’accueil réservés aux opposants politiques et aux militants des droits de l’homme ?? 

Le lendemain, soit le mardi 16 juin 2009 et aux environs de 10h, je fus transféré au tribunal de Ghardaïa en vue de ma présentation au Parquet pour la poursuite des procédures routinières dans pareils cas.

L’attente fut longue devant le bureau du procureur. J’étais en compagnie de mon avocat, mon frère et Ami, Me Ahmine. Après près de deux heures, on m’a appelé pour être présenté devant le procureur qui avait initialement refusé la présence de mon avocat. Puis il accepta sa présence. ?! La présentation fut très brève. Elle ne dura que quelques minutes. On me demanda alors d’attendre dehors. Après une heure d’attente, la police m’emmena chez le juge d’instruction.

L’attente fut de plusieurs heures devant le bureau du juge d’instruction, sous prétexte que le dossier ne lui était pas encore parvenu !!

Vers 17h, le juge d’instruction commença à appeler les parties de cette affaire. Il débuta avec le nommé Hamouda Ali, puis appela l’accusé principal, Omar Lemdahkal. Après un quart d’heure, ce dernier sortit avec le juge d’instruction qui lui posa la question suivante: «Le connais-tu parmi tous ces présents ??». J’étais à ce moment assis avec mon avocat dans le couloir en face du bureau du juge d’instruction. L’accusé me regarda dans les yeux et dira textuellement: «je ne connais pas ce monsieur assis devant moi !!». Et lorsque le magistrat répéta sa question  en insistant et en précisant: «Vous ne connaissez pas Fekhar ?», il lui répondit négativement: «Je ne connais pas cette personne !! ». Que s’est-il passé ? Les choses ont-elles changé subitement ? Pour la première fois depuis plus de 30 heures, j’ai entendu une chose différente. J’ai caché mes sentiments en attendant la fin du scénario. 10 minutes plus tard, l’accusé Lemdahkal Omar sortit du bureau du juge d’instruction. Après cela, une autre personne fut appelée chez le magistrat. Il s’agit du dénommé Mouna Hamou. J’ignore sa relation avec l’affaire. 

Un quart d’heure plus tard, le juge d’instruction m’appela, en présence de mon avocat, Me Ahmine. Après les procédures routinières, il me demanda de m’expliquer sur les accusations portées contre moi. Je lui ai répété, comme dans mes déclarations précédentes, que je ne connaissais pas l’accusé par le passé et que je n’avais absolument aucune relation, ni de près ni de loin avec cette affaire. Et je lui ai rappelé la déclaration publique de l’accusé principal dans l’affaire Lemdahkal Omar, lors de sa confrontation avec moi: «Je ne connais pas cette personne». Et c’est ce que confirma une nouvelle fois le juge d’instruction qui me dira textuellement: «Aucune partie de cette affaire ne vous a reconnu et tous ont nié vous connaître par le passé, à commencer par Lemdahkal Omar, ainsi que Hamouda Ali et Mouna Hamou» !!

A partir de ce moment, et en toute spontanéité, je pensais que le cauchemar allait se terminer et que j’allais quitter ces lieux pour rejoindre mon domicile après avoir reçu des excuses pour tout ce que j’ai subi ainsi que ma famille et tous mes amis, à cause de cette accusation qui s’est avérée fausse. Quelle naïveté ? Contrairement à tout cela, le juge d’instruction pris une décision qui ne se réfère à aucune logique ni aucune loi, malgré que l’accusé principal ait affirmé ainsi que les autres que je n’avais  aucune relation avec l’affaire. Cette décision consistait à me mettre sous contrôle judiciaire avec confiscation de mon passeport et ma présentation tous  les mercredis au bureau du juge d’instruction. C’est ainsi que je ne pourrais pas voyager à l’étranger tout comme je ne pourrais m’absenter plus d’une semaine de mon lieu de résidence. C’est une forme de résidence surveillée.

Pourquoi toutes ces violations criardes de la loi ?? Pourquoi toute cette haine et cette hostilité ? Et pourquoi ce désir de représailles et de punition avec des méthodes immorales et en utilisant les moyens de l’Etat et à leur tête l’appareil sécuritaire et plus particulièrement l’appareil judiciaire ? Tout cela contre un citoyen qui milite dans le cadre de la loi, au sein d’un vieux parti politique agréé et au sein d’organisations des droits de l’homme agréées, pour la démocratie, la défense des droits de l’homme et des libertés et avec des moyens pacifiques.

Mais, comme dit l’adage: «à toute chose malheur est bon». Face à ce mal, à cette fourberie, à cette injustice, à cette hogra, à ces agressions et à cet arbitraire, sont apparues et avec force dans le ciel d’Algérie de nobles vertus de solidarité, de sympathie publique et de défense des droits, malgré toute la puissance de l’oppresseur. Je profite de l’occasion pour remercier profondément et exprimer toute ma reconnaissance à tous les amis et frères en Algérie et à l’étranger qui ont pu grâce à leur pression et mobilisation rapide et continue, empêcher et éventrer ce complot, me sauvant inévitablement de la prison. Je les invite à nous mobiliser ensemble pour annuler la décision inique du juge d’instruction consistant à ma mise sous contrôle judiciaire qui ne diffère pas beaucoup en réalité de la mise sous résidence surveillée.

Je fais à mon tour le serment de poursuivre ma lutte, quelque soient les défis et les intimidations, pour l’instauration de la démocratie et d’œuvrer pour le respect des droits de la personne humaine et de toutes les libertés.

J’en appelle à tous nos Amis et à tous nos frères pour constituer un front uni  en vue d’un travail coordonné et continu, chacun selon ses capacités et sa situation et quelle que soit son appartenance, en vue du changement de ce système  dépravé et pourri, qui perdure avec ses injustices et dont on ne peut rien espérer.    Kamel Eddine Fekhar

Karim Tabbou. Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS)

Vendredi 19 juin 2009

« Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis »

De l’arrestation des militants FFS à Ghardaïa aux alternatives de changement du système politique, Karim Tabbou brosse pour El Watan Vendredi un tableau peu optimiste de la chose politique algérienne. Entre répression et stigmatisation de la protestation, les forces du changement se trouvent exsangues sans pour autant abdiquer, selon le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition.

-  Dans le sillage des derniers heurts à Berriane, des militants de votre parti ont été arrêtés à Ghardaïa, dont le secrétaire national Kamel Eddine Fekhar, avant d’être relâchés. Comment analysez-vous ces arrestations ?

- Notre militant est accusé d’avoir incendié un véhicule avec d’autres jeunes de Berriane, lors des événements. Il s’agit d’une opération punitive contre le FFS et un message pour intimider la population, car nos élus ont établi un espace de dialogue entre eux et la population, ils leur rendent compte des affaires de leur wilaya. Nos élus avaient dénoncé, en apportant des preuves, que la catastrophe – les inondations d’octobre 2008 –, qu’a connue la région, est aussi d’origine humaine avant qu’elle ne soit naturelle, car il y a un marché douteux de construction passé par les réseaux mafieux que le FFS avait révélé dans un rapport.

-  Le FFS est accusé également, par le ministre délégué Ould Kablia, d’être derrière les événements de Berriane…

- Le problème qui se pose dans cette région est qu’il y a une conscience politique qui dérange les autorités. Cet espace de libre expression fait l’objet aujourd’hui de répressions policières. La population refuse le traitement répressif réservé à leur problème malgré les opérations médiatico-politiques menées par Ali Tounsi ou Ould Kablia. C’est une approche policière de la politique, car ils veulent imposer un modèle de gouvernance à cette région, qui est d’ailleurs livrée à la mafia. Ils ont imposé les signataires de ladite « charte de réconciliation » entre les communautés de Berriane, qui ne sont pas légitimes afin de mettre fin à la grogne qu’a connue Berriane. C’est la même chose qui s’est passée en Kabylie, qu’on a bien « calciné » politiquement : ils ont créé les archs pour se les offrir ensuite dans un plateau de corruption ! Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis ! Bien qu’en Kabylie la facture a été lourde avec la centaine de jeunes assassinés par les forces de l’ordre. A Ghardaïa, les autorités ont judiciarisé les rapports sociaux et imposé un maillage policier digne de la période coloniale. S’ajoute à cela l’esprit raciste et racisant de nos dirigeants vis-à-vis de cette région. La ville de Berriane aujourd’hui est sous état d’urgence, sous embargo !

-  Que voulez-vous dire par embargo ?

-  Une ville assiégée, à laquelle on veut imposer des représentants de l’administration. Toute contestation de ce procédé est réprimée. C’est une volonté des autorités de pacifier la région : elle est la porte du Grand-Sud où des enjeux économiques prolifèrent. Le régime, à défaut de pouvoir instrumentaliser la menace du terrorisme dans le Sud, trouve plus expéditif de quadriller cette région. On a voulu imposer cette approche policière et populiste à l’opinion publique, une approche orchestrée par les services.

-  Pourquoi l’opposition évoque-t-elle toujours le rôle des services (DRS) dans ce genre d’événements ?

- Toutes les décisions sont prises par le chef des services. Leur technique à ces derniers est de dresser les uns contre les autres. Ensuite, interposer des effectifs impressionnants de policiers. Enfin, gérer la situation par le chantage. Ould Kablia a diligenté une enquête suite aux événements de Berriane afin d’aboutir à une conclusion : décrédibiliser les représentations politiques au niveau local. Berriane n’est pas à son premier incident d’ailleurs. En 1990, la région avait connu la même situation. Au lieu d’engager, à l’époque, un débat sérieux entre les deux parties dans une logique de dialogue, on a laissé les choses pourrir. Une manière de dire aux Algériens que toute tentative de changement mènera vers le chaos. On gère les émeutes à travers le chef de daïra et les walis, on gère la Kabylie par l’argent et la mafia et Ghardaïa par la police. Ajouter à cela la gestion régionaliste des affaires de l’Etat. Cependant, il y a des mouvements de protestation partout en Algérie. Car le pouvoir veut transformer le pays en un vaste commissariat ! Il n’y a pas une réunion de club de football, une assemblée générale d’avocats ou de médecins sans qu’il y ait un agent pour les surveiller ! L’Etat entretient un rapport de mensonge et d’escroquerie avec la population. Une des conditions de construction de l’alternative de changement est la renégociation d’un contrat de confiance avec la population. Et cela, en tenant compte que la société d’aujourd’hui n’est pas celle des années 1990, enthousiaste prédisposée à agir dans l’immédiat. Aujourd’hui, nous sommes face à une population qui supporte difficilement l’impact du mensonge, des fausses promesses et des politiques violentes qui ont été menées à son encontre, et ce, depuis 1991 à ce jour. Cela se passe en présence d’une élite qui tente de s’interposer, mais qui n’est pas décidée à aller soit dans le sens du courant du pouvoir, soit vers la population. On a fait de ce pays une vaste salle d’attente sans avoir le droit d’attendre ensemble.

-  Quelle serait l’alternative à cette situation ?

- Eh bien paradoxalement, dans ce climat de confusion et de désarrois socioéconomique, c’est bien la population, et non les partis politiques, qui semble avoir pris conscience de la nature de la crise. Les partis démocrates ont tout intérêt à afficher une position claire vis-à-vis des mouvements sociaux de contestation. Tout rapprochement avec le système – négociation de quotas au Parlement ou autres repositionnements à l’intérieur du système – ne fera que les éloigner des aspirations de la société. Cette dernière ne se reconnaît plus dans cet Etat et ne se sent pas représentée dans ses institutions. Que ceux qui veulent se proclamer force de changement désertent les sentiers du pouvoir pour revenir sur le chemin qui mène à la société ! Beaucoup pensent que le seul changement possible c’est celui de changer le système de l’intérieur. Seulement voilà, cela arrange le régime qui continue de promouvoir l’idée – même vis-à-vis de nos partenaires étrangers – qu’il n’y pas d’alternative de changement en dehors de lui-même. On a fait croire que Mohamed Lamari – ex-chef d’état-major de l’armée – était le représentant du courant progressiste au sein du pouvoir, alors qu’en réalité il n’existe ni courant progressiste, ni conservateur, ni autre au sein du régime. Il y a un seul parti : le DRS.

-  Vous avez appelé à un rassemblement des forces démocrates, qu’en est-il aujourd’hui ?

- Que ceux qui présument que le rassemblement démocratique consiste simplement à additionner des sigles se trompent. Il s’agit d’abord d’une entente consensuelle de toute la société sur la manière de traduire les contestations populaires en revendications politiques. Cela concerne toutes les personnes de bonne volonté, soucieuses de l’avenir de ce pays et prêtes à s’inscrire dans un processus de sortie de crise concret à travers des actions sur le terrain.

-  N’y a-t-il pas une démobilisation de la société qui l’empêche d’aspirer au changement ?

- En vérité, les forces du changement existent, mais elles restent dispersées. On les trouve aussi bien dans la presse, parmi les syndicalistes, dans les milieux universitaire ou associatif. Il existe une vie politique au sein de ces microcosmes. Et tous ces gens-là partagent une aspiration commune : le changement. En réalité, ce sont les politiciens qui commencent à se détourner de la politique. Au niveau du FFS, nous avons lancé une initiative au sein de notre parti afin d’apporter la preuve que la société n’est pas dépolitisée. Nous avons donc créé une école de formation destinée à nos élus et cadres. L’idée était de créer un instrument nouveau de mobilisation interne.

-  Vous l’avez présenté comme étant une école ouverte à tout le monde…

- Elle a été ouverte par la suite au public. Nous avons enregistré 3200 inscrits, pour la plupart des étudiants. Nous étudions maintenant sa décentralisation et son élargissement à travers les wilayas du pays.

-  Certains évoquent le projet d’une amnistie offerte par le président Bouteflika, qu’en pense le FFS ?

- L’amnistie fut proclamée depuis l’avènement de Bouteflika ! Si nous étions dans un Etat de droit, Bouteflika aurait dû être présenté devant les tribunaux et non pas candidat à l’élection présidentielle. Tout le monde sait que Bouteflika avait des problèmes avec la Cour des comptes ! La première amnistie décrétée fut celle de permettre à Bouteflika de se porter candidat grâce au pacte scellé avec les militaires. Pacte selon lequel Boutelfika s’engage d’être garant des intérêts de ce même pouvoir. Un autre pacte d’entente a été négocié aussi entre les groupes islamistes armés et le DRS sur le dos de toutes les victimes de ce pays. A la fin, on a rendu hors la loi le principe même d’en parler. Donc c’est plutôt une auto-amnistie qu’autre chose. En 1991, le solgan du FFS était « Ni Etat policier ni Etat intégriste ». Aujourd’hui, le pouvoir a réussi une synthèse : l’Etat militaro-intégriste, bâti sur un pacte de complicité et de silence.

Kamel Fekhar exige la levée du contrôle judiciaire(ELWATAN)

Vendredi 19 juin 2009

Le docteur Kamel Eddine Fekhar, militant des droits de l’homme et membre de la direction du Front des forces socialistes, a décidé de faire appel suite à la décision du juge d’instruction de le soumettre au contrôle judiciaire.

Arrêté lundi dernier puis relâché après 24 heures de garde à vue et après sa présentation devant le juge d’instruction, le docteur Fekhar se dit victime « du mauvais scénario d’un film dont le principal acteur est un toxicomane traînant un casier judiciaire bien rempli et un dossier psychiatrique qui ne donne pas cher de sa santé mentale. Un scénario monté pour donner peur aux militants du parti ».

Contacté par El Watan, le militant des droits de l’homme s’est élevé contre la méthode avec laquelle les policiers en civil ont procédé à son arrestation : « On m’a interpellé comme un vulgaire criminel. Cela confirme ‘le caractère policier’ de cet Etat qui semble ne pas vouloir se départir des pratiques des pays du tiers monde. » Kamel Eddine Fekhar a, pour rappel, été accusé d’avoir incité une personne à incendier un fourgon de police en février dernier. Mais, coup de théâtre, devant le juge d’instruction, le fameux témoin a lancé au juge, après avoir regardé Fekhar : « Je ne le connais pas. » « J’estimais qu’après une telle affirmation, le juge devait prononcer la relaxe », souligne Fekhar. « Je suis toujours prisonnier puisque je ne peux pas me déplacer, alors que j’ignore ce qui entoure cette histoire de fourgon brûlé. D’ailleurs, le témoin lui-même qui devait m’accabler l’atteste en affirmant ne pas me connaître », indique M. Fekhar, qui ne comprend pas la décision du juge de le considérer comme une partie dans cette affaire. « Je demande qu’on me libère réellement », a-t-il dit.

Trois autres militants du FFS sont encore entre les mains de la police. « On les accuse de commanditer les évènements de Berriane. Mais que veut dire commanditer ? Quels sont les faits retenus contre eux ? Qu’on nous dise clairement ce qu’ils ont commis. J’estime qu’après avoir laissé pourrir la situation à Berriane, ce n’est pas de cette manière-là que les choses s’arrangeront », note le responsable du FFS, qui crie sa colère : « Trop, c’est trop. Les Mozabites ne peuvent plus accepter d’être traités comme des sujets. » Le militant des droits de l’homme estime qu’il y a « une volonté de punir la région de Ghardaïa pour avoir fait un travail de lutte pacifique pour les droits. On veut créer la psychose du politique dans la région, mais nous répondons que nous sommes des citoyens algériens comme les autres, qui ont le droit d’activer politiquement, dans le respect de la loi », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Si à Berriane, on a choisi de monter les communautés arabe et mozabite l’une contre l’autre, à Ghardaïa on procède à l’étêtement du mouvement pour les droits. J’estime que c’est là un procédé raciste et haineux. » Le docteur Fekhar ajoute : « Si Ould Kablia veut nier notre droit à une complète citoyenneté, nous continuerons à le revendiquer de manière pacifique. »

Arrestation de Kamaleddine FEKHAR à Ghardaïa

Vendredi 19 juin 2009

COMMUNIQUE URGENT

Alger le lundi 15 juin 2009

5 militants du FFS, dont le docteur Kamel Eddine FEKHAR membre de la direction du parti et SOUFGHALEM Kacem vice président de l’APC de GHARDAIA ont été enlevés, cet après midi à l’intérieur même de l’enceinte de l’APC, par des policiers en civil.

Une véritable opération de chasse aux militants du FFS est orchestrée pour tenter d’étouffer par l’intimidation et la menace, une contestation pacifique de plus en plus forte. Ces arrestations confirment le caractère haineux, violent et raciste du pouvoir, qui à défaut de soumettre la région par la persécution policière et la cooptation de faux représentants, tente de faire taire des militants dont la notoriété populaire est incontestable. 

Le vendredi passé, 3 autres militants du FFS sont arrêtés à BERRIANE, une commune qui vit depuis quelques mois, un véritable état de siège. La brutalité qui s’abat sur la population de cette commune est digne de l’époque coloniale. Perquisitions nocturnes, arrestations arbitraires, répressions …sont autant de violences subies au quotidien par les citoyens. 

Au lieu de répondre au mécontentement des citoyens, le pouvoir opte pour l’escalade policière et l’instrumentalisation d’une partie de la population contre une autre.

Comme à l’accoutumée et à chaque échec dans la gestion d’une crise quelconque, si ce n’est pas la main étrangère, c’est le FFS qui est accusé d’être derrière les troubles et les soulèvements de populations. La réalité est qu’au nord, comme au sud, à l’est comme à l’ouest du pays, que ce soit en Kabylie en 2001, à Ghardaïa en 2004 où à BERIANE aujourd’hui, les citoyens sont conscients et convaincus que seules les autorités sont responsables des assassinats, des destructions et des dégâts causés par ces événements.

La transformation systématique de l’expression citoyenne en émeute suivie d’une répression féroce et de l’arrestation, puis la mise en accusation d’honnêtes citoyens où l’on retrouve des militants associatifs, politiques ou syndicaux, constitue la cause principale qui provoque les réactions de colère des citoyens.

Aujourd’hui, nul n’ignore que la stratégie de prise en étau de la population entre la répression et le chantage au chaos qui semble être le choix stratégique de ceux qui haïssent par-dessus tout, l’auto- organisation de la société NE PASSE PAS.

Ghardaïa d’où est sorti QASSAMAN ne déméritera pas et continuera à se mobiliser SANS PEUR. SANS VIOLENCE ET SANS PASSION pour que vivent dignement les algériennes et les algériens dans une Algérie libre et heureuse

Le Premier secrétaire national

Karim TABBOU

Madrid refuse le visa à deux syndicalistes algériens

Dimanche 14 juin 2009

Achour Idir, président de la Coordination des lycées d’Algérie (CLA) et Rachid Malaoui, président du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), n’ont pas pu assister au 16e congrès ordinaire de la Confédération générale du travail (CGT) espagnole, qui s’est tenue à Malaga du 4 au 7 juin 2009.

Les deux syndicalistes ont été dans l’impossibilité de répondre à l’invitation de leurs camarades espagnols en raison du refus opposé à leur demande de visa par le consulat d’Espagne en Algérie. Les deux syndicalistes ont dû être abasourdis par ce refus de visa qui était pour le moins inattendu. La CGT espagnole a vivement protesté contre ce refus d’octroyer des visas à des syndicalistes algériens qu’elle avait formellement invités. Le syndicat a adressé à l’ambassadeur d’Espagne en Algérie, Gabriel Busquets Aparicio, une lettre de protestation contre le refus d’accorder des visas à «M. Achour Idir, président du CLA, et à M. Malaoui Rachid, président du SNAPAP».

Ces camarades, indique la lettre de la CGT datée du 8 juin 2009 et signée par José Pascual Rubio Cano, secrétaire aux relations internationales, ont « été formellement invités par notre organisation pour assister au congrès, mais leur présence n’a pas été possible car le gouvernement espagnol, à travers son ambassade en Algérie, leur a refusé les visas nécessaires pour entrer en Espagne». La Confédération générale du travail (CGT) accuse l’ambassade d’Espagne à Alger de porter atteinte à la liberté syndicale et à la libre circulation des personnes.

«Le refus des visas a empêché la présence de ces camarades à notre congrès. Nous considérons le comportement de cette Ambassade comme une attaque à la liberté syndicale dans un cadre international et comme une négation injustifiée de la circulation des personnes». Le secrétaire aux relations internationales de la CGT a demandé à l’ambassade espagnole des «explications sur sa conduite». Le responsable de la CGT espagnole dit avoir reçu un appel téléphonique du consulat donnant pour excuse pour le refus d’accorder les visas, «le manque de données, comme la date de naissance d’un des camarades».

«Une agression intolérable»

L’argument a de quoi étonner, comme si une information aussi essentielle pouvait manquer dans le dossier de visa. En outre, s’il manquait cette information chez un des syndicalistes, pourquoi le rejet de visa pour les deux ? En tout cas, l’argumentaire du consulat espagnol n’a guère convaincu le responsable de la CGT qui continue de dénoncer une «agression intolérable».

En France, la secrétaire générale du syndicat «Solidaire», Annick Coupé, a adressé une lettre de protestation à l’ambassadeur d’Espagne à Paris, en qualifiant le refus d’accorder des visas aux deux syndicalistes comme une «atteinte aux droits humains en général et à la liberté syndicale». Selon Annick Coupé, ce refus d’accord les visas constitue en Europe «une nouveauté détestable» que même les «gouvernements réactionnaires du continent» n’ont pas osé faire. Pour Annick Coupé, il est encore plus insupportable que cette mesure vienne d’un gouvernement qui se «proclame socialiste».(Le Quotidien d’Oran)

Les psychologues tiendront des sit-in

Dimanche 14 juin 2009

Les psychologues réinvestiront la rue ce mardi en organisant un sit-in devant le siège du ministère de la Santé. Hier s’est achevé l’ultimatum fixé par le Syndicat national des psychologues (Snapsy) afin que leur tutelle propose une issue favorable à leurs doléances.

Mardi, un sit-in des psychologues de la Fonction publique sera tenu devant le siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière à partir de 10h. Le lendemain, à la même heure, une action de protestation , de même type, sera observée par cette corporation, au siège de la Fonction publique.

C’est ce qu’a décidé le conseil national du Syndicat national des psychologues (Snapsy) après qu’aucun engagement n’ait été respecté par leur tutelle. En effet, après sa rencontre avec le ministre de la Santé, début juin, le Snapsy a résolu de suspendre sa grève cyclique de chaque semaine, mais pour une période limitée dans le temps.

Période qui s’est achevée hier mais n’ayant amené aucune avancée pour les psychologues « Nous avons décidé de geler momentanément notre action, du fait que le ministre de tutelle nous a promis de revoir notre classification au niveau de la direction générale de la Fonction publique », avait expliqué le président du Snapsy, Khaled Keddad, lequel avait également expliqué qu’ils comptent reprendre leur mouvement de protestation le 13 juin, soit hier si les engagements ne sont pas respectés. Aussi, face à l’inertie de leur situation, les psychologues ont mis à exécution leur ultimatum.

Ces psychologues, défendant l’accord signé entre le syndicat et le MSPRH concernant leur demande de passer de la classification 12 à la catégorie 13, ne désarment pas. Ils demandent également l’ouverture immédiate des négociations sur le régime indemnitaire.

« Nous ne comptons en aucun cas faire un pas en arrière, bien au contraire nous allons continuer à faire pression sur les pouvoirs publics jusqu’à obtention de gain de cause », affirme le président du Snapsy.

Pour rappel, la plateforme des revendications de ce syndicat porte essentiellement sur « l’élaboration d’un statut particulier en collaboration entre le partenaire social et l’administration, la mise en place d’un système indemnitaire en harmonie avec les conditions particulières liées à l’exercice de la profession du psychologue, le règlement de la situation administrative du personnel contractuel, ou en activité sous contrat pré- emploi, la garantie du droit à la promotion dans le déroulement de leur carrière, assurer l’équipement dans les salles de visite, garantir aux psychologues le droit de représentativité au sein des conseils d’administration et autres conseils scientifique et médical ».(le midi libre)

Ould Kablia à propos des évènements de Berriane «C’est le FFS qui crée les troubles»

Dimanche 14 juin 2009

«Les autorités publiques ne comptent pas céder aux pressions du parti de Hocine Aït Ahmed», a mis en garde Daho Ould Kablia.

Le Front des forces socialistes au banc des accusés. Le verdict est tombé hier. Il est prononcé par le ministre délégué chargé des Collectivités locales, M. Daho Ould Kablia.

«Un groupe appartenant au FFS est derrière les tentatives de troubles survenues dernièrement dans la wilaya de Ghardaïa», a-t-il lancé à la presse, en marge de la journée parlementaire de l’enfance, tenue au Sénat.

Le ministre souligne que les autorités ont des preuves sur l’implication de ce parti, lequel tient à faire pression pour infléchir la justice sur ce qui est communément appelé l’affaire Mohamed Baba Nedjar, militant des droits de l’homme membre actif du parti de Hocine Aït Ahmed condamné en appel à la réclusion criminelle à perpétuité pour homicide volontaire.

Un verdict rejeté par le parti qui a parlé de manipulation contre sa formation dont le but est « d’effrayer toute personne en quête de liberté et de démocratie ». Il montera au créneau par le biais de déclarations et de communiqués diffusés par la presse dans lesquels il appellera à demi-mot les Algériens à la riposte.

«Devant cette situation, il ne reste plus à la famille de Mohamed Baba Nadjar et à tous les Algériens victimes de l’arbitraire de cet appareil judiciaire, qu’à demander à tous les Algériens dignes, à toutes les personnalités honnêtes, aux opposants politiques, aux militants des droits de l’homme de terrain et aux journalistes indépendants, à oeuvrer tous ensemble sans lassitude et sans répit, à débarrasser les Algériens et rapidement, du véritable responsable de cette injustice et de ces souffrances », a-t-il appelé dans un communiqué rendu public au terme du procès polémique.

Pour le FFS, l’Etat a utilisé l’appareil judiciaire pour réprimer toutes les libertés et toutes les revendications légitimes et pacifiques, poussant ainsi les Algériens soit à la soumission, soit à tomber dans les pièges de la drogue ou de l’opposition radicale en rejoignant les maquis, ou enfin au suicide et à la « harga » avec au bout, la mort certaine en mer. A Berriane, une partie des commerçants a répondu à l’appel de la grève générale.

La région est sous pression depuis l’annonce du verdict. Une ambiance qui vient rompre avec le calme prudent qui y régnait depuis une année. Du côté des officiels comme du côté du FFS, le bras de fer n’est pas près de trouver son épilogue. La riposte des autorités ne s’est pas fait attendre.

Ces dernières ont fait savoir qu’elles ne comptent pas céder aux pressions du parti de Hocine Aït Ahmed met en garde M. Daho Ould Kablia. Première riposte : plusieurs membres de la fédération du FFS ont été arrêtés ce week-end. Ils sont passés hier devant le procureur de la République, accusés d’être les instigateurs des troubles.

Selon Tabbou, un groupe de 17 militants du parti dont des élus sont convoqués à Ghardaïa sans « motif apparent» et devraient répondre d’une série d’accusations. Hier, M. Ould Kablia a tenu à dissocier ces événements des émeutes qui ont frappé de plein fouet la ville de Berriane ces deux dernières années.

Si les premiers sont d’ordre politique, les émeutes s’expliqueraient davantage, selon lui, par des problèmes socioéconomiques que par des manipulations politiques. «La manipulation existe mais n’est pas importante».

Les incidents ont pour élément déclencheur des réactions de pulsion, avait-il affirmé récemment sur les ondes de la Chaîne III Pour ce même responsable, «la violence cyclique est due au fait qu’il y a eu mort d’homme lors des derniers affrontement : 5 décès à déplorer en quelques mois».

Mais les raisons de ces conflits sont à chercher dans l’histoire de Berriane. Les populations arabophone et ibadite sont à peu près d’égale importance.

Au fil des années, ces populations se sont imbriquées. Le chômage et la mal-vie se sont aggravés et ont eu une incidence négative, beaucoup plus chez les malékites que chez les ibadites qui ont un comportement généralement plus formaté.(L’Expression)

Des dizaines d’arrestations au quartier Kef Hamouda

Samedi 13 juin 2009

Sitôt le calme ramené, après deux nuits de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des jeunes du quartier de Kef Hamouda, une opération a été mise en branle, jeudi vers 12h, conjointement par le groupe d’intervention rapide de la Gendarmerie nationale et les forces antiémeutes de la Sûreté nationale qui ont déployé un nombre impressionnant de ses éléments, dans le périmètre dit Echâaba.
Ce bout de quartier, véritable chaudron, a vécu les plus violents incidents de ces deux journées d’émeutes et c’est précisément là que les plus graves blessés ont été recensés parmi les éléments des forces de sécurité.
Rappelons qu’un officier de gendarmerie a perdu à jamais l’usage d’un œil, atteint par un bout de métal, alors que trois autres ont été brûlés à divers degrés par des cocktails Molotov projetés des terrasses.
Après avoir systématiquement quadrillé et bouclé le quartier, les éléments des forces de sécurité conjointes ont commencé à investir les habitations ciblées, en déclenchant un feu nourri de grenades lacrymogènes et procéder à des arrestations. L’opération s’est déroulée jusqu’à 17h.
Après 5 heures d’investigations et de recherches maison par maison, 52 individus ont été appréhendés et arrêtés.
Ils seront présentés aujourd’hui devant le procureur de la République de Berriane. Ils sont accusés de coups et blessures volontaires, détention d’armes blanches, attroupement armé et tentative de fermeture de la voie publique. Des dizaines de cocktails Molotov et des seaux pleins de bouts de métal, provenant de fer rond découpé en petits bouts, prêts à l’emploi, ont été découverts dans certaines maisons, et ce, en sus des barres de fer, des parpaings et amas de pierres amassés sur les terrasses. “C’est la preuve incontestable que ces incidents sont préparés, planifiés et prémédités”, nous déclare un officier de la gendarmerie.
Et d’ajouter : “Quand on aspire à vivre en paix, on ne constitue pas un stock de munitions chez soi.”
Cette opération a, semble-t-il, apporté ses fruits et a été accueillie avec soulagement par la population qui rejette la violence et souhaite vivre en paix.
“Nous sommes fatigués de cette violence qui n’apportera rien de bien à la population et à la ville de Berriane”, affirme Brahim B., sexagénaire et cadre supérieur dans une grande entreprise nationale. “Il est impératif que la violence sous toutes ses formes cesse, pour que la région puisse se développer et apporter une plus-value à la population.”
Il dira aussi que “Berriane est devenue effrayante aux éventuels investisseurs, même ceux qui étaient implantés ici depuis plusieurs décennies ont commencé à délocaliser vers des régions plus clémentes. Chaque cycle de violence emportera avec lui son lot d’industriels. La zone industrielle de Berriane, qui était connue et célèbre pour le dynamisme de ses activités, est en train de mourir, étranglée par les mains de ses propres enfants.” Reprenant son souffle, il assénera que “l’État doit aussi prendre ses responsabilités. Il a l’obligation de démasquer les coupables de cette tragédie et de les punir. Il faut que justice se fasse.”(liberté)

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