La bureaucratie facteur essentiel du frein à l’investissement en Algérie

Par Dr Abderrahmane MEBTOUL Professeur des Universités
Ex Président du Conseil National Algérien des privatisations

 L’Algérie s’est engagée dans les réformes économiques indispensables pour s’adapter tant à la mondialisation de l’économie dont l’espace euro- méditerranéen est son espace naturel qu’aux mutations internes : instauration de l’économie de marché (démocratie économique) est inséparable de la démocratie sociale et politique. Cependant le cadre macro-économique relativement stabilisé est éphémère sans de profondes réformes structurelles qui ont commencé timidement comme en témoigne la faiblesse des exportations hors hydrocarbures (environ un milliard de dollar US de 1970/2008 moins de 2/3% des exportations totales en 2007/2008.

Les réformes de structures dont la privatisation qui ne sont certes pas une panacée mais devant encourager l’ acte d’investissement créateur de valeur ajoutée impliquent la refonte du système financier – douanier, fiscal – administration ez tune nouvelle régulation sociale au profit des plus démunis. Comme il y a lieu de ne pas confondre restructuration industrielle qui n’est qu’un élément – de la restructuration globale de l’économie objectif stratégique des réformes. Or le bilan de ces dernières années est mitigé : il faut tirer les leçons. Le consensus tant au niveau international que national est l’urgence d’objectifs politiques plus précis et une nouvelle organisation institutionnelle afin de donner plus de cohérence et une accélération de ce processus complexe mais combien déterminant pour l’avenir du pays. L’expérience de bon nombre de pays en transition vers l’économie de marché peut fournir des enseignements utiles.

Dans cette brève contribution, il est utile de signaler que les raisons du faible flux d’investissement étranger et du privé national hors hydrocarbures pourtant indispensable pour renouer avec la croissance et donc d’atténuer les tensions sociales me semble être essentiellement imputable non pas à l’aspect sécuritaire qui s’est nettement amélioré, mais au système bureaucratique sclérosant tant central que local , étouffant les énergies créatrices. Nous aurons ainsi trois conséquences nuisibles au développement en Algérie :

1ère conséquence : une centralisation pour régenter la vie politique, sociale et économique du pays

2ème conséquence: l’élimination de tout pouvoir rival au nom du pouvoir bureaucratique

3ème conséquence : la bureaucratie bâtit au nom de l’État des plans dont l’efficacité sinon l’imagination se révèle bien faible.

Et pour citer un philosophe « Le bureaucrate amène avec lui le carcan, les lenteurs les petitesses en oubliant la conscience et l’efficacité. Le but du bureaucrate est de donner l’illusion d’un gouvernement même si l’administration fonctionne à vide, en fait de gouverner une population infime en ignorant la société majoritaire ».source algerie-focus.com.

Laisser un commentaire