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Karim Tabbou à Adekar: «La maffia gangrène le pays !»

Lundi 6 juillet 2009

C’est dans la salle archicomble du centre culturel d’Adekar que le premier secrétaire national du FFS, Karim Tabbou, a animé hier une conférence-débat. L’essentiel de son propos a été consacré aux critiques virulentes à l’égard du pouvoir et du RCD. Après avoir observé une minute de silence et écouté l’hymne national dédié à la mémoire «de tous ceux qui ont versé leur sang de 1962 à ce jour», le premier secrétaire du FFS a déclaré avoir choisi de tenir l’activité dans la région en raison de la situation de «non développement» qu’elle subit. La transition s’est ensuite vite faite pour aboutir sur d’autres dates symboles, le 25 et le 29 juin, dates des assassinats respectifs de Matoub et de Boudiaf, et s’attaquer au pouvoir. Le conférencier, évoquant l’impunité, a souligné que le pouvoir «n’a pas encore passé le moindre caporal devant les tribunaux». M. Tabbou n’a pas omis de rendre un hommage, en ce 5 juillet, aux «500 dockers d’Alger en grève pour s’opposer à la vente de leur port aux Emiratis», rappelant au passage que la première opposition à la colonisation était venue de là. Le premier secrétaire national du FFS a condamné par ailleurs l’attitude des policiers et des gendarmes dans le conflit qui ronge la région de Ghardaïa.

Les tenants du pouvoir «n’admettent pas la présence de l’opposition et les éventuels soulèvements populaires susceptibles de nuire à leurs intérêts dans une région toute proche des puits de pétrole», a-t-il asséné. Puis, tour à tour, M. Tabbou évoquera le drame des harraga pour qui «toutes les issues sont fermées» et les milieux de «la maffia politique et financière» qui gangrènent la société. «Ils ferment les frontières au moment où la drogue arrive en avion», a-t-il dénoncé en substance. L’opposition, à sa tête le RCD, n’a pas non plus été épargnée par les critiques de M. Tabbou, qui a qualifié ses représentants de «marionnettes» entre les mains du pouvoir ou encore d’« embusqués de la politique» qui attendent les prochaines élections pour partager le butin. Les quelques interventions, lors du débat, se sont essentiellement portées sur l’éventuel rapprochement du FFS et du RCD – que K. Tabbou a tout de suite écarté – et sur le problème de localité de Taourirt Ighil dont le président de l’APC est d’obédience FFS. source ELWATAN

karim tabbou à bejaia

Samedi 4 juillet 2009

A l’occasion de 5 juillet le ffs organise une conferanse debat annime par le premier secritaire de ffs le 05 juillet 2009 a benni maouche.

« Ne pas renier notre Histoire et concilier notre socle culturel avec les valeurs universelles »

Samedi 27 juin 2009

Je dois d’abord vous dire pourquoi je suis là. Je suis là parce que ma solidarité va automatiquement à toutes les luttes pour la liberté, pour les libertés. Et les Iraniens, le peuple iranien, ont besoin aujourd’hui de toute notre solidarité pour que sa voix ne soit pas étouffée. 

Mais au delà, je suis là parce que l’Iran a pour moi une résonance particulière. 

Il s’agit d’une lutte pour la liberté dans le cadre d’une société islamique. Or, quel que soit le poids très lourd des préjugés et des calculs politiques qui voudraient que cette liberté soit un concept exclusivement occidental, la liberté est bien une valeur UNIVERSELLE. 

J’insiste sur ce point. Car par delà les remous médiatiques, les spéculations nées de l’ignorance ou de calculs à caractère colonialiste, il ne faut surtout pas se méprendre. 

Ce qui se joue aujourd’hui en Iran, dans cette république islamique née d’une révolution religieuse contre la tyrannie, est un problème universel qui se pose à une société particulière à un moment particulier de son histoire. 

Aujourd’hui en Iran, une partie importante de la population, du clergé, et de l’establishment politique et religieux expriment un désir très fort de réforme et d’ouverture à l’intérieur du cadre de la révolution islamique. 

Vouloir réduire ce combat à une instrumentalisation à visée néo-colonialiste, néo-impérialiste ou néo- je-ne-sais-quoi est pire qu’un mensonge, pire qu’une imposture : c’est un déni de réalité. 

Nous avons l’habitude de ce déni, nous peuples « du sud ». 

Ce déni est le mode de gestion des régimes qui affirment tirer leur légitimité des peuples et les représenter, mais qui lancent leurs milices contre ces mêmes peuples dès que souffle le moindre vent de liberté. 

Certes nous vivons une époque bien curieuse. D’un côté, les colonialistes sont de retour et revendiquent sans vergogne « les bienfaits de la colonisation ». 

Face à eux, des pouvoirs corrompus et illégitimes font dans la surenchère nationaliste…tout en remettant au goût du jour les pires méthodes coloniales dans la conduite des affaires nationales. Cela leur permet de poursuivre des méthodes de gestion qui empêchent toute évolution et toute ouverture sur de nouvelles perspectives sociales, culturelles et politiques. 

La réalité de cette donne ne change rien aux questions que pose l’Iran aujourd’hui.

Et ces questions sont aux antipodes du simplisme et de la contre information que certains veulent nous servir. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre les manifestants iraniens scander aujourd’hui « Allah o Akbar » ou « Mort aux dictateurs », les slogans de la révolution islamique de 1979 utilisés par leurs parents contre le Shah. 

En réalité, les questions posées par le formidable mouvement protestataire des peuples iraniens et la ré-émergence exemplaire et pacifique de ses aspirations démocratiques sont simples : 

Comment lutter contre la tyrannie ? Comment organiser la contestation d’un ordre étouffant sans quitter son propre socle culturel ? Sans renier son Histoire ? 

Le véritable enjeu est là. Et il se moque des manipulations, des « complicités » régionales et internationales, réelles ou supposées.

Je disais que l’Iran a pour moi une résonance particulière. 

C’est que je viens d’un pays, l’Algérie, dont la lutte pour l’indépendance, la révolution ont été motif de fierté universelle pour les hommes de ma génération. Mon pays a payé cher pour atteindre cet idéal qui est, et reste, l’indépendance et la souveraineté. Ce premier pas accompli, la longue marche vers la liberté, la justice et la démocratie n’a fait que commencer. Et cette longue marche n’a cessé d’être contrariée. 

Je viens de ce pays où un coup d’état a suivi l’autre, où les promesses de la révolution n’ont jamais été tenues, où les urnes servent ou à légitimer les tenants du pouvoir ou à être bourrées quand le peuple se lasse ou s’insurge contre des dirigeants iniques. 

Je viens d’un pays où la répression vient sauver ce que l’autoritarisme ne parvient plus à imposer. 

Vous comprendrez donc que tout cela éveille en moi une sensibilité particulière à la lutte pour la liberté des Iraniens. Vous comprendrez aussi que je n’ai aucun complexe à dire que s’être battu une fois pour la liberté n’est pas une garantie d’infaillibilité. Et encore moins une garantie d’impunité. 

Aujourd’hui, nous devons être réaliste face à la situation qui prévaut à Téhéran. 

N’oublions pas le précédent algérien d’octobre 1988 où des centaines de milliers de jeunes, exclus et désespérés, avaient déferlé dans les rues de mon pays en scandant : « Nous sommes des hommes, nous sommes des hommes ». 

On pourrait s’étonner que ce formidable coup de semonce n’ait pas été fatal au système militaro-policier algérien, surtout au moment où se profilait l’effondrement du système totalitaire soviétique. Il n’en a rien été. La répression est venue écraser la révolte d’une jeunesse à laquelle le régime refusait à la fois des conditions d’existence dignes et les moyens pacifiques de les revendiquer. 

Comparaison, dit-on, n’est pas raison : Alger n’est pas Téhéran et Téhéran n’est pas Alger. 

Mais le quasi-coup d’Etat qu’a constitué une fraude électorale massive en Iran montre que la faction la plus radicale entend désormais exclure du jeu politique les tendances un peu plus « ouvertes » du régime. Et que, paniquée, elle ne veut plus de ces scrutins qui peuvent, malgré tout, constituer une brèche dans le système comme le fut l’élection d’un président « réformateur » Mohammad Khatami. 

Aujourd’hui, les « gardiens de la révolution » et le Guide sifflent la fin de la récréation, la presse étrangère est priée d’aller voir ailleurs, les arrestations se multiplient, les tirs à balles réelles remplacent les tirs de sommation et commencent à tuer. Certes, tout n’est pas joué. Certes, les Iraniens continuaient aujourd’hui même à réclamer leurs droits en défiant les matraques des bassidj. Mais tout indique que la rue, peu à peu, risque de se vider et que la normalisation pourra se faire à huis clos. 

Comment dès lors anticiper et empêcher une répression qui s’annonce implacable ?

Texte de l’intervention de Hocine Ait Ahmed à la réunion d’information et de soutien au peuple iranien, le 24 juin 2009 à Paris.

C’est aux Iraniens de nous dire ce qu’ils attendent de nous. Mais d’ores et déjà, nous leur devons une chose face à l’impuissance des institutions internationales de droits de l’Homme et à l’absence de recours auprès d’une réelle communauté morale universelle. 

Nous leur devons de ne pas nous laisser entraîner dans de sombres querelles idéologiques.

Nous avons l’habitude de ces « repentis » exhibés à la télévision pour servir une chanson usée d’avoir trop servi : celle de « la main de l’étranger ». Il nous faut donc refuser avec force cet amalgame mortifère qui tente de délégitimer un mouvement en faveur des libertés et contre la tyrannie en l’assimilant à je ne sais quelle déviance occidentale. Ne nous laissons pas culpabiliser par des rodomontades nationalistes qui sont l’arme favorite de tous les totalitarismes. 

Car, et j’emprunte une expression de mon ami iranien Ahmad Salamatian, ce sont aujourd’hui les képis et les armes qui pointent sous les turbans. Et ils visent à étouffer dans l’œuf une formidable aspiration à la liberté. 

La contestation iranienne ressemble fort à une deuxième révolution non violente et porteuse de messages positifs au sein d’un tiers monde trahi par ses libérateurs-oppresseurs. 

Je le redis avec force. Nous devons, nous, peuples du sud, donner à cette quête de liberté les contours qui nous permettent de ne pas renier notre Histoire et de concilier notre socle culturel avec les valeurs universelles. 

C’est là notre vrai défi. Et c’est aussi ce qui se joue à Téhéran.

Hocine Aït-Ahmed: «Le peuple iranien a besoin de notre solidarité» (ffs1963)

Samedi 27 juin 2009

Une rencontre de soutien au peuple iranien a été organisée, hier, par l’association du manifeste des libertés à la bellevilloise dans le 20ème arrondissement de Paris. Plusieurs personnalités iraniennes se sont relayé le micro pour dénoncer la répression sauvage qui s’abat sur leurs concitoyens dans les rues de Téhéran. Elles ont su, dans un parfait élan de solidarité, dépasser leurs divergences politiques et assumer ainsi la pluralité du peuple iranien face à un totalitarisme religieux qui a tout fait pour la nier.   

«Le totalitarisme prend fin quand les gens ne supportent plus de vivre dans le mensonge et cette fraude électorale était le grand mensonge, un mensonge qui symbolisait la nature mensongère de l’Etat… le mensonge de trop !», disait Chahla Chafiq, sociologue et exilée politique iranienne, pour qui l’islamisme est le véritable mal de l’Iran. Elle a fait un véritable plaidoyer en faveur de la lutte des femmes en Iran «elles sont au centre des manifestations», poursuit-elle. Elles ne veulent plus être des «demi-hommes»; l’ombre de la jeune NEDA qui a été assassinée pendant les dernières manifestations planait sur la salle «Nous sommes tous des Neda.. », martelait la sociologue. Cette dernière invite la communauté internationale à ne pas reconnaître le régime iranien. 

L’intellectuel Ahmed Salamatian, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, rappelle à l’assistance qu’en 1953, à la faveur des intérêts pétroliers, fut déposé l’un des gouvernements les plus démocratiques du monde, exemple de tolérance et de progrès, le gouvernement de Mossadeg, avec la complicité des puissances occidentales. «Il y a 30 ans, c’était la passion religieuse qui a balayé le Chah, ce qui est fantastique en ce mouvement actuel, tout le monde croyait que c’était perdu, la liberté et le combat pour la démocratie…d’un seul coup, les Iraniens surprennent le monde ; c’est par la passion de la liberté, le respect du suffrage universel qu’ils se  mobilisent»,  disait l’ancien député iranien et de poursuivre «la différence entre Neda et les martyrs de la révolution iranienne est énorme…le symbole de la jeune fille qui est tuée et que c’est son professeur de musique qui la prend dans ses bras, dans les rues de Téhéran où il y a trente ans on voulait interdire la musique…quel miracle que cela représente ! ».   

La parole est donnée ensuite à M. Hocine Aït-Ahmed, dirigeant historique de la révolution algérienne et symbole de la lutte pour les libertés et la démocratie, fervent défenseur des droits de l’homme : «… Je suis là parce que ma solidarité va automatiquement à toutes les luttes pour la liberté, pour les libertés; le peuple iranien a  besoin de notre solidarité pour que sa voix ne soit pas étouffée mais au-delà, je suis là parce que l’Iran a pour moi une résonance particulière; il s’agit d’une lutte pour la liberté dans le cadre d’une société islamique, or quel que soit le poids très lourd des préjugés et des calculs politiques qui voudraient que cette liberté soit un concept exclusivement occidental: la liberté est bien une valeur universelle M. Aït-Ahmed prévient ceux qui, au sein du régime des Mollahs, veulent réduire la protestation à une simple et banale manipulation de l’étranger: «…vouloir réduire ce combat à une instrumentalisation à visées néocolonialistes, néo-impérialistes ou néo-je-ne-sais-quoi est pire qu’un mensonge, pire qu’une imposture c’est un déni de réalité. Nous avons l’habitude de ce déni, nous, peuples du sud; ce déni est le mode de gestion des régimes qui affirment tirer leurs légitimités des peuples et les représenter et qui lancent leurs milices contre ces mêmes peuples dès que souffle le moindre vent de liberté… ».

Son long discours est plusieurs fois interrompu par des applaudissements nourris de la salle tellement les présents savent qu’il vient d’un pays qui a érigé la fraude électorale et la terreur en mode de gestion politique.  «…Je viens de ce pays ou un coup d’état a suivi l’autre, où les promesses de la révolution n’ont jamais été tenues, où les urnes servent à légitimer les tenants du pouvoir et à être bourrées quand le peuple se lasse et s’insurge contre des dirigeants iniques. Je viens d’un pays où la répression vient sauver ce que l’autoritarisme ne parvient plus à imposer… ».

M. Aït-Ahmed rappelle la répression féroce qui s’est abattue sur la jeunesse algérienne en octobre 1988 et invite les Iraniens à être réalistes face à la situation qui prévaut à Téhéran.  «N’oublions pas le précédent algérien d’octobre 1988 où des centaines de milliers de jeunes exclus et désemparés avaient déferlé dans les rues de mon pays aux slogans (un moment d’émotion) nous sommes des hommes, nous sommes des hommes. On pouvait s’étonner que ce formidable coup de semence n’a pas été fatal au système militaro-policier algérien surtout au moment où se profilait l’effondrement  du système totalitaire soviétique ; il n’en a rien eu, la répression est venue écraser la révolte d’une jeunesse à laquelle le régime refusait à la fois des conditions d’existence dignes et les moyens pacifiques de les revendiquer…»

Il est vrai que la comparaison n’est pas raison et qu’Alger n’est pas Téhéran mais la volonté de réprimer dans le sang la jeunesse iranienne se fait de plus en plus sentir et c’est une répression à huis-clos qui s’organise dans les rues iraniennes puisque les médias nationaux ou étrangers n’ont plus le droit de couvrir les événements «…c’est aux Iraniens de nous dire ce qu’ils attendent de nous, et d’ores et déjà, nous leur devront une chose face à l’impuissance des institutions internationales des droits de l’homme et à l’absence de recours auprès d’une réelle communauté morale universelle, nous leur devons de ne pas nous laisser entraîner dans de sombres querelles idéologiques; nous avons l’habitude de ces repentis exhibés à la télévision pour servir une chanson usée à force d’avoir trop servi, celle de la main de l’étranger. Il nous faut refuser cet amalgame mortifère qui tend de dé-légitimer un mouvement en faveur des libertés et contre la tyrannie en l’assimilant à je ne sais quelle déviance occidentale. Ne nous laissons pas culpabiliser par des rodomontades nationalistes qui sont l’arme favorite de tous les fondamentalismes…Nous devons nous, peuples du sud donner à cette quête de liberté des contours qui nous permettent de ne pas renier notre histoire et concilier notre socle culturel avec les valeurs de l’universel ; c’est là notre vrai défi et c’est aussi ce qui se joue à Téhéran.. ». 

Il n’est pas sans rappeler que de nombreuses personnalités sont venues apporter leur soutien au peuple iranien, on pouvait voir les différents représentants des partis politiques de la gauche française à l’image du PS, PCF et les verts. Dominique Voynet s’est particulièrement illustré par une intervention virulente à l’encontre du régime des Mollahs et assure le peuple iranien du soutien et de la solidarité de l’union européenne.  

Il faut que la solidarité internationale continue à se manifester à l’égard de la jeunesse iranienne, au-delà des personnes et des partis, la démocratie doit être le bien de tous les peuples. Il faut que les états occidentaux cessent de soutenir des régimes corrompus et tyranniques pour des intérêts bassement matériels. Ca y va de l’avenir de l’humanité ! 

Rapport détaillé du complot, de l’enlèvement à la résidence surveillée(ffs1963)

Dimanche 21 juin 2009

Par Kamel Eddine Fekhar. Ghardaia.

Le lundi 15 juin 2009, aux environs de 14h 15, j’étais dans l’un des couloirs de la mairie de Ghardaïa avec mon ami Soufghalem Kacem, vice-président de l’Assemblée populaire communale et brusquement et sans préavis, un groupe de civils que je ne connaissais pas s’est jeté sur moi. Et avant la moindre réaction de ma part, les civils m’ont pris par les bras. Lorsque j’ai essayé de me libérer de leur prise, l’un d’eux m’a dit: «police». Sans me présenter aucun document ni aucun motif d’accusation, tout cela se déroula au vu et au su des fonctionnaires de la mairie et des citoyens présents. Lorsque je leur ai demandé d’ôter leurs mains et de mettre un terme à ces méthodes primitives et agressives, sans raison et en leur disant que je les accompagnerais où ils veulent, pour peu qu’ils m’informent des raisons de tout cela, ils me répondirent brièvement et à travers des regards vengeurs et remplis d’hostilité: «Tu verras et tu sauras tout quand tu arriveras là-bas !!».

Puis on m’a conduit à une voiture de police qui se trouvait dans la cour de la mairie.

Lors de notre arrivée au commissariat central, on m’a introduit dans l’un des bureaux on m’a confisqué immédiatement mon téléphone portable, sans aucune explication quant à mes interrogations. Après une attente de près d’une heure, ils décident enfin de m’interroger. J’ai demandé alors à l’officier responsable les raisons de toutes ces atteintes à la loi, aux droits les plus élémentaires de l’homme et aux règles de l’éthique. Il me répondit en toute simplicité: «Je suis un fonctionnaire et j’exécute les ordres. Je n’ai aucun problème personnel avec quiconque». Il poursuivit en me disant: «qu’après avoir répondu aux accusations dont je fais l’objet, je regagnerais mon domicile, sans problème !!». 

Après cela, l’officier sortit une pile de dossiers contenant les accusations portées contre moi. Ils s’agissait d’étranges accusations portées par des commerçants sur instigation d’individus appartenant au parti Ennahda et affiliés à une organisation parasite préfabriquée par le pouvoir et qui est connue sous l’appellation «El A’ayane». Ces derniers étaient derrière toutes les manœuvres pour briser la grève de solidarité avec le jeune opprimé Mohamed Baba Nadjar. Cette étrange accusation consistait à «avoir brisé la serrure d’un local commercial» et elle ne m’était pas adressée à moi mais au parti du Front des Forces Socialistes (FFS) !!!

Je me suis soumis à l’officier responsable, alors qu’au fond de moi je n’étais pas convaincu  que tout ce spectacle, ces dépassements et ces violations de la loi soient en rapport avec ce dossier ridicule: «un parti politique qui avait brisé la serrure d’un local commercial !!»

Aux environs de 17h et au moment où j’ai demandé à l’officier de me remettre mon téléphone portable afin de rejoindre mon domicile, on lui  ramena un nouveau dossier plus volumineux et qu’il semblait voir pour la première fois. Il s’efforçait de savoir ce qu’il contenait. Il commença alors à m’informer du délit dont j’étais accusé: «incitation  à incendie d’un véhicule de police» et poursuivit en s’étendant en explications – devant mon étonnement et ma stupéfaction – m’apprenant ainsi que monsieur Lemdahkal Omar, détenu pour avoir incendié un véhicule de police en date du 27 février 2009, aurait déclaré dans un PV d’audition de police  que  «le Dr Kamaleddine Fekhar, responsable du FFS à Ghardaïa lui avait demandé de commettre cet acte contre la somme de 40 000 DA !! » et «que le Dr Fekhar l’aurait conduit chez un psychiatre pour lui délivrer un certificat médical afin de le protéger des poursuites judiciaires !! ».

La situation était complexe. D’un côté et logiquement  je devais rester serein au maximum, car je ne connaissais pas du tout ce monsieur Lemdahkal Omar et j’essayais de me souvenir de l’histoire de l’incendie du véhicule de police. D’un autre côté, et connaissant très bien l’appareil judiciaire, soumis au pouvoir et les expériences précédentes avec cet appareil en commençant avec les événements de Ghardaïa de 2004 après la grève pacifique des commerçants, quand il avait lancé des mandats d’arrêt à mon encontre et contre des militants du FFS et de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme en nous collant les accusations d’incendie volontaire, agression avec armes blanches contre des policiers, rassemblement….etc. Tout comme dans l’affaire Baba Nadjar, lorsqu’ils ont essayé d’exercer des pressions et de marchander avec le jeune Mohamed Baba Nadjar pour coller l’accusation d’incitation au meurtre à un responsable du FFS de Ghardaïa, en contrepartie de sa libération, ce que refusa ce courageux jeune, homme à  principes et qui paie, aujourd’hui le prix de cette attitude courageuse. Il est actuellement condamné à la perpétuité, après avoir été condamné à la peine capitale en première instance.

Il est certain que le dossier d’accusation a été préparé avec une attention particulière, après leur échec patent et la divulgation des détails du complot dans l’affaire Baba Nadjar. C’est pour cette raison qu’ils ne se sont pas lancé dans cette arrestation spectaculaire et cette accusation que ne peut admettre tout être raisonnable, sans avoir préparé tout cela de manière minutieuse et dans les moindres détails. D’autant plus que l’accusé principal dans cette affaire où je suis cité est un individu connu des services de sécurité. C’est un toxicomane et un repris de justice. A partir de toutes ces données, j’ai compris et avec certitude que le pouvoir, comme je l’appréhendais toujours, avait préparé soigneusement un  nouveau scénario sale pour mettre un terme à l’activité de l’opposition politique et à toute revendication pacifique des droits et libertés.

C’est ainsi que j’ai informé immédiatement le commissaire que j’entamais une grève de la faim illimitée, que je ne répondrais désormais à aucune question ni signerais aucun document et qu’ils fassent ce qu’ils veulent.

Aux environs de 19h 30, ils ont autorisé des membres de ma famille à me rendre visite et j’ai profité de l’occasion pour les informer de la grave accusation préfabriquée et portée contre moi. J’ai demandé aux membres de ma famille d’informer l’opinion.

Aux environs de 20h, j’ai été transféré dans une cellule du commissariat. Ce qui est étrange, c’est que durant toute ma garde à vue qui a duré près de 30 heures, on ne me proposa aucun repas, même pas un café !! Est-ce une pratique commune à tous ceux que la malchance ramène en ces lieux ou est-ce une pratique et un type d’accueil réservés aux opposants politiques et aux militants des droits de l’homme ?? 

Le lendemain, soit le mardi 16 juin 2009 et aux environs de 10h, je fus transféré au tribunal de Ghardaïa en vue de ma présentation au Parquet pour la poursuite des procédures routinières dans pareils cas.

L’attente fut longue devant le bureau du procureur. J’étais en compagnie de mon avocat, mon frère et Ami, Me Ahmine. Après près de deux heures, on m’a appelé pour être présenté devant le procureur qui avait initialement refusé la présence de mon avocat. Puis il accepta sa présence. ?! La présentation fut très brève. Elle ne dura que quelques minutes. On me demanda alors d’attendre dehors. Après une heure d’attente, la police m’emmena chez le juge d’instruction.

L’attente fut de plusieurs heures devant le bureau du juge d’instruction, sous prétexte que le dossier ne lui était pas encore parvenu !!

Vers 17h, le juge d’instruction commença à appeler les parties de cette affaire. Il débuta avec le nommé Hamouda Ali, puis appela l’accusé principal, Omar Lemdahkal. Après un quart d’heure, ce dernier sortit avec le juge d’instruction qui lui posa la question suivante: «Le connais-tu parmi tous ces présents ??». J’étais à ce moment assis avec mon avocat dans le couloir en face du bureau du juge d’instruction. L’accusé me regarda dans les yeux et dira textuellement: «je ne connais pas ce monsieur assis devant moi !!». Et lorsque le magistrat répéta sa question  en insistant et en précisant: «Vous ne connaissez pas Fekhar ?», il lui répondit négativement: «Je ne connais pas cette personne !! ». Que s’est-il passé ? Les choses ont-elles changé subitement ? Pour la première fois depuis plus de 30 heures, j’ai entendu une chose différente. J’ai caché mes sentiments en attendant la fin du scénario. 10 minutes plus tard, l’accusé Lemdahkal Omar sortit du bureau du juge d’instruction. Après cela, une autre personne fut appelée chez le magistrat. Il s’agit du dénommé Mouna Hamou. J’ignore sa relation avec l’affaire. 

Un quart d’heure plus tard, le juge d’instruction m’appela, en présence de mon avocat, Me Ahmine. Après les procédures routinières, il me demanda de m’expliquer sur les accusations portées contre moi. Je lui ai répété, comme dans mes déclarations précédentes, que je ne connaissais pas l’accusé par le passé et que je n’avais absolument aucune relation, ni de près ni de loin avec cette affaire. Et je lui ai rappelé la déclaration publique de l’accusé principal dans l’affaire Lemdahkal Omar, lors de sa confrontation avec moi: «Je ne connais pas cette personne». Et c’est ce que confirma une nouvelle fois le juge d’instruction qui me dira textuellement: «Aucune partie de cette affaire ne vous a reconnu et tous ont nié vous connaître par le passé, à commencer par Lemdahkal Omar, ainsi que Hamouda Ali et Mouna Hamou» !!

A partir de ce moment, et en toute spontanéité, je pensais que le cauchemar allait se terminer et que j’allais quitter ces lieux pour rejoindre mon domicile après avoir reçu des excuses pour tout ce que j’ai subi ainsi que ma famille et tous mes amis, à cause de cette accusation qui s’est avérée fausse. Quelle naïveté ? Contrairement à tout cela, le juge d’instruction pris une décision qui ne se réfère à aucune logique ni aucune loi, malgré que l’accusé principal ait affirmé ainsi que les autres que je n’avais  aucune relation avec l’affaire. Cette décision consistait à me mettre sous contrôle judiciaire avec confiscation de mon passeport et ma présentation tous  les mercredis au bureau du juge d’instruction. C’est ainsi que je ne pourrais pas voyager à l’étranger tout comme je ne pourrais m’absenter plus d’une semaine de mon lieu de résidence. C’est une forme de résidence surveillée.

Pourquoi toutes ces violations criardes de la loi ?? Pourquoi toute cette haine et cette hostilité ? Et pourquoi ce désir de représailles et de punition avec des méthodes immorales et en utilisant les moyens de l’Etat et à leur tête l’appareil sécuritaire et plus particulièrement l’appareil judiciaire ? Tout cela contre un citoyen qui milite dans le cadre de la loi, au sein d’un vieux parti politique agréé et au sein d’organisations des droits de l’homme agréées, pour la démocratie, la défense des droits de l’homme et des libertés et avec des moyens pacifiques.

Mais, comme dit l’adage: «à toute chose malheur est bon». Face à ce mal, à cette fourberie, à cette injustice, à cette hogra, à ces agressions et à cet arbitraire, sont apparues et avec force dans le ciel d’Algérie de nobles vertus de solidarité, de sympathie publique et de défense des droits, malgré toute la puissance de l’oppresseur. Je profite de l’occasion pour remercier profondément et exprimer toute ma reconnaissance à tous les amis et frères en Algérie et à l’étranger qui ont pu grâce à leur pression et mobilisation rapide et continue, empêcher et éventrer ce complot, me sauvant inévitablement de la prison. Je les invite à nous mobiliser ensemble pour annuler la décision inique du juge d’instruction consistant à ma mise sous contrôle judiciaire qui ne diffère pas beaucoup en réalité de la mise sous résidence surveillée.

Je fais à mon tour le serment de poursuivre ma lutte, quelque soient les défis et les intimidations, pour l’instauration de la démocratie et d’œuvrer pour le respect des droits de la personne humaine et de toutes les libertés.

J’en appelle à tous nos Amis et à tous nos frères pour constituer un front uni  en vue d’un travail coordonné et continu, chacun selon ses capacités et sa situation et quelle que soit son appartenance, en vue du changement de ce système  dépravé et pourri, qui perdure avec ses injustices et dont on ne peut rien espérer.    Kamel Eddine Fekhar

Karim Tabbou. Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS)

Vendredi 19 juin 2009

« Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis »

De l’arrestation des militants FFS à Ghardaïa aux alternatives de changement du système politique, Karim Tabbou brosse pour El Watan Vendredi un tableau peu optimiste de la chose politique algérienne. Entre répression et stigmatisation de la protestation, les forces du changement se trouvent exsangues sans pour autant abdiquer, selon le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition.

-  Dans le sillage des derniers heurts à Berriane, des militants de votre parti ont été arrêtés à Ghardaïa, dont le secrétaire national Kamel Eddine Fekhar, avant d’être relâchés. Comment analysez-vous ces arrestations ?

- Notre militant est accusé d’avoir incendié un véhicule avec d’autres jeunes de Berriane, lors des événements. Il s’agit d’une opération punitive contre le FFS et un message pour intimider la population, car nos élus ont établi un espace de dialogue entre eux et la population, ils leur rendent compte des affaires de leur wilaya. Nos élus avaient dénoncé, en apportant des preuves, que la catastrophe – les inondations d’octobre 2008 –, qu’a connue la région, est aussi d’origine humaine avant qu’elle ne soit naturelle, car il y a un marché douteux de construction passé par les réseaux mafieux que le FFS avait révélé dans un rapport.

-  Le FFS est accusé également, par le ministre délégué Ould Kablia, d’être derrière les événements de Berriane…

- Le problème qui se pose dans cette région est qu’il y a une conscience politique qui dérange les autorités. Cet espace de libre expression fait l’objet aujourd’hui de répressions policières. La population refuse le traitement répressif réservé à leur problème malgré les opérations médiatico-politiques menées par Ali Tounsi ou Ould Kablia. C’est une approche policière de la politique, car ils veulent imposer un modèle de gouvernance à cette région, qui est d’ailleurs livrée à la mafia. Ils ont imposé les signataires de ladite « charte de réconciliation » entre les communautés de Berriane, qui ne sont pas légitimes afin de mettre fin à la grogne qu’a connue Berriane. C’est la même chose qui s’est passée en Kabylie, qu’on a bien « calciné » politiquement : ils ont créé les archs pour se les offrir ensuite dans un plateau de corruption ! Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis ! Bien qu’en Kabylie la facture a été lourde avec la centaine de jeunes assassinés par les forces de l’ordre. A Ghardaïa, les autorités ont judiciarisé les rapports sociaux et imposé un maillage policier digne de la période coloniale. S’ajoute à cela l’esprit raciste et racisant de nos dirigeants vis-à-vis de cette région. La ville de Berriane aujourd’hui est sous état d’urgence, sous embargo !

-  Que voulez-vous dire par embargo ?

-  Une ville assiégée, à laquelle on veut imposer des représentants de l’administration. Toute contestation de ce procédé est réprimée. C’est une volonté des autorités de pacifier la région : elle est la porte du Grand-Sud où des enjeux économiques prolifèrent. Le régime, à défaut de pouvoir instrumentaliser la menace du terrorisme dans le Sud, trouve plus expéditif de quadriller cette région. On a voulu imposer cette approche policière et populiste à l’opinion publique, une approche orchestrée par les services.

-  Pourquoi l’opposition évoque-t-elle toujours le rôle des services (DRS) dans ce genre d’événements ?

- Toutes les décisions sont prises par le chef des services. Leur technique à ces derniers est de dresser les uns contre les autres. Ensuite, interposer des effectifs impressionnants de policiers. Enfin, gérer la situation par le chantage. Ould Kablia a diligenté une enquête suite aux événements de Berriane afin d’aboutir à une conclusion : décrédibiliser les représentations politiques au niveau local. Berriane n’est pas à son premier incident d’ailleurs. En 1990, la région avait connu la même situation. Au lieu d’engager, à l’époque, un débat sérieux entre les deux parties dans une logique de dialogue, on a laissé les choses pourrir. Une manière de dire aux Algériens que toute tentative de changement mènera vers le chaos. On gère les émeutes à travers le chef de daïra et les walis, on gère la Kabylie par l’argent et la mafia et Ghardaïa par la police. Ajouter à cela la gestion régionaliste des affaires de l’Etat. Cependant, il y a des mouvements de protestation partout en Algérie. Car le pouvoir veut transformer le pays en un vaste commissariat ! Il n’y a pas une réunion de club de football, une assemblée générale d’avocats ou de médecins sans qu’il y ait un agent pour les surveiller ! L’Etat entretient un rapport de mensonge et d’escroquerie avec la population. Une des conditions de construction de l’alternative de changement est la renégociation d’un contrat de confiance avec la population. Et cela, en tenant compte que la société d’aujourd’hui n’est pas celle des années 1990, enthousiaste prédisposée à agir dans l’immédiat. Aujourd’hui, nous sommes face à une population qui supporte difficilement l’impact du mensonge, des fausses promesses et des politiques violentes qui ont été menées à son encontre, et ce, depuis 1991 à ce jour. Cela se passe en présence d’une élite qui tente de s’interposer, mais qui n’est pas décidée à aller soit dans le sens du courant du pouvoir, soit vers la population. On a fait de ce pays une vaste salle d’attente sans avoir le droit d’attendre ensemble.

-  Quelle serait l’alternative à cette situation ?

- Eh bien paradoxalement, dans ce climat de confusion et de désarrois socioéconomique, c’est bien la population, et non les partis politiques, qui semble avoir pris conscience de la nature de la crise. Les partis démocrates ont tout intérêt à afficher une position claire vis-à-vis des mouvements sociaux de contestation. Tout rapprochement avec le système – négociation de quotas au Parlement ou autres repositionnements à l’intérieur du système – ne fera que les éloigner des aspirations de la société. Cette dernière ne se reconnaît plus dans cet Etat et ne se sent pas représentée dans ses institutions. Que ceux qui veulent se proclamer force de changement désertent les sentiers du pouvoir pour revenir sur le chemin qui mène à la société ! Beaucoup pensent que le seul changement possible c’est celui de changer le système de l’intérieur. Seulement voilà, cela arrange le régime qui continue de promouvoir l’idée – même vis-à-vis de nos partenaires étrangers – qu’il n’y pas d’alternative de changement en dehors de lui-même. On a fait croire que Mohamed Lamari – ex-chef d’état-major de l’armée – était le représentant du courant progressiste au sein du pouvoir, alors qu’en réalité il n’existe ni courant progressiste, ni conservateur, ni autre au sein du régime. Il y a un seul parti : le DRS.

-  Vous avez appelé à un rassemblement des forces démocrates, qu’en est-il aujourd’hui ?

- Que ceux qui présument que le rassemblement démocratique consiste simplement à additionner des sigles se trompent. Il s’agit d’abord d’une entente consensuelle de toute la société sur la manière de traduire les contestations populaires en revendications politiques. Cela concerne toutes les personnes de bonne volonté, soucieuses de l’avenir de ce pays et prêtes à s’inscrire dans un processus de sortie de crise concret à travers des actions sur le terrain.

-  N’y a-t-il pas une démobilisation de la société qui l’empêche d’aspirer au changement ?

- En vérité, les forces du changement existent, mais elles restent dispersées. On les trouve aussi bien dans la presse, parmi les syndicalistes, dans les milieux universitaire ou associatif. Il existe une vie politique au sein de ces microcosmes. Et tous ces gens-là partagent une aspiration commune : le changement. En réalité, ce sont les politiciens qui commencent à se détourner de la politique. Au niveau du FFS, nous avons lancé une initiative au sein de notre parti afin d’apporter la preuve que la société n’est pas dépolitisée. Nous avons donc créé une école de formation destinée à nos élus et cadres. L’idée était de créer un instrument nouveau de mobilisation interne.

-  Vous l’avez présenté comme étant une école ouverte à tout le monde…

- Elle a été ouverte par la suite au public. Nous avons enregistré 3200 inscrits, pour la plupart des étudiants. Nous étudions maintenant sa décentralisation et son élargissement à travers les wilayas du pays.

-  Certains évoquent le projet d’une amnistie offerte par le président Bouteflika, qu’en pense le FFS ?

- L’amnistie fut proclamée depuis l’avènement de Bouteflika ! Si nous étions dans un Etat de droit, Bouteflika aurait dû être présenté devant les tribunaux et non pas candidat à l’élection présidentielle. Tout le monde sait que Bouteflika avait des problèmes avec la Cour des comptes ! La première amnistie décrétée fut celle de permettre à Bouteflika de se porter candidat grâce au pacte scellé avec les militaires. Pacte selon lequel Boutelfika s’engage d’être garant des intérêts de ce même pouvoir. Un autre pacte d’entente a été négocié aussi entre les groupes islamistes armés et le DRS sur le dos de toutes les victimes de ce pays. A la fin, on a rendu hors la loi le principe même d’en parler. Donc c’est plutôt une auto-amnistie qu’autre chose. En 1991, le solgan du FFS était « Ni Etat policier ni Etat intégriste ». Aujourd’hui, le pouvoir a réussi une synthèse : l’Etat militaro-intégriste, bâti sur un pacte de complicité et de silence.

Kamel Fekhar exige la levée du contrôle judiciaire(ELWATAN)

Vendredi 19 juin 2009

Le docteur Kamel Eddine Fekhar, militant des droits de l’homme et membre de la direction du Front des forces socialistes, a décidé de faire appel suite à la décision du juge d’instruction de le soumettre au contrôle judiciaire.

Arrêté lundi dernier puis relâché après 24 heures de garde à vue et après sa présentation devant le juge d’instruction, le docteur Fekhar se dit victime « du mauvais scénario d’un film dont le principal acteur est un toxicomane traînant un casier judiciaire bien rempli et un dossier psychiatrique qui ne donne pas cher de sa santé mentale. Un scénario monté pour donner peur aux militants du parti ».

Contacté par El Watan, le militant des droits de l’homme s’est élevé contre la méthode avec laquelle les policiers en civil ont procédé à son arrestation : « On m’a interpellé comme un vulgaire criminel. Cela confirme ‘le caractère policier’ de cet Etat qui semble ne pas vouloir se départir des pratiques des pays du tiers monde. » Kamel Eddine Fekhar a, pour rappel, été accusé d’avoir incité une personne à incendier un fourgon de police en février dernier. Mais, coup de théâtre, devant le juge d’instruction, le fameux témoin a lancé au juge, après avoir regardé Fekhar : « Je ne le connais pas. » « J’estimais qu’après une telle affirmation, le juge devait prononcer la relaxe », souligne Fekhar. « Je suis toujours prisonnier puisque je ne peux pas me déplacer, alors que j’ignore ce qui entoure cette histoire de fourgon brûlé. D’ailleurs, le témoin lui-même qui devait m’accabler l’atteste en affirmant ne pas me connaître », indique M. Fekhar, qui ne comprend pas la décision du juge de le considérer comme une partie dans cette affaire. « Je demande qu’on me libère réellement », a-t-il dit.

Trois autres militants du FFS sont encore entre les mains de la police. « On les accuse de commanditer les évènements de Berriane. Mais que veut dire commanditer ? Quels sont les faits retenus contre eux ? Qu’on nous dise clairement ce qu’ils ont commis. J’estime qu’après avoir laissé pourrir la situation à Berriane, ce n’est pas de cette manière-là que les choses s’arrangeront », note le responsable du FFS, qui crie sa colère : « Trop, c’est trop. Les Mozabites ne peuvent plus accepter d’être traités comme des sujets. » Le militant des droits de l’homme estime qu’il y a « une volonté de punir la région de Ghardaïa pour avoir fait un travail de lutte pacifique pour les droits. On veut créer la psychose du politique dans la région, mais nous répondons que nous sommes des citoyens algériens comme les autres, qui ont le droit d’activer politiquement, dans le respect de la loi », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Si à Berriane, on a choisi de monter les communautés arabe et mozabite l’une contre l’autre, à Ghardaïa on procède à l’étêtement du mouvement pour les droits. J’estime que c’est là un procédé raciste et haineux. » Le docteur Fekhar ajoute : « Si Ould Kablia veut nier notre droit à une complète citoyenneté, nous continuerons à le revendiquer de manière pacifique. »

Arrestation de Kamaleddine FEKHAR à Ghardaïa

Vendredi 19 juin 2009

COMMUNIQUE URGENT

Alger le lundi 15 juin 2009

5 militants du FFS, dont le docteur Kamel Eddine FEKHAR membre de la direction du parti et SOUFGHALEM Kacem vice président de l’APC de GHARDAIA ont été enlevés, cet après midi à l’intérieur même de l’enceinte de l’APC, par des policiers en civil.

Une véritable opération de chasse aux militants du FFS est orchestrée pour tenter d’étouffer par l’intimidation et la menace, une contestation pacifique de plus en plus forte. Ces arrestations confirment le caractère haineux, violent et raciste du pouvoir, qui à défaut de soumettre la région par la persécution policière et la cooptation de faux représentants, tente de faire taire des militants dont la notoriété populaire est incontestable. 

Le vendredi passé, 3 autres militants du FFS sont arrêtés à BERRIANE, une commune qui vit depuis quelques mois, un véritable état de siège. La brutalité qui s’abat sur la population de cette commune est digne de l’époque coloniale. Perquisitions nocturnes, arrestations arbitraires, répressions …sont autant de violences subies au quotidien par les citoyens. 

Au lieu de répondre au mécontentement des citoyens, le pouvoir opte pour l’escalade policière et l’instrumentalisation d’une partie de la population contre une autre.

Comme à l’accoutumée et à chaque échec dans la gestion d’une crise quelconque, si ce n’est pas la main étrangère, c’est le FFS qui est accusé d’être derrière les troubles et les soulèvements de populations. La réalité est qu’au nord, comme au sud, à l’est comme à l’ouest du pays, que ce soit en Kabylie en 2001, à Ghardaïa en 2004 où à BERIANE aujourd’hui, les citoyens sont conscients et convaincus que seules les autorités sont responsables des assassinats, des destructions et des dégâts causés par ces événements.

La transformation systématique de l’expression citoyenne en émeute suivie d’une répression féroce et de l’arrestation, puis la mise en accusation d’honnêtes citoyens où l’on retrouve des militants associatifs, politiques ou syndicaux, constitue la cause principale qui provoque les réactions de colère des citoyens.

Aujourd’hui, nul n’ignore que la stratégie de prise en étau de la population entre la répression et le chantage au chaos qui semble être le choix stratégique de ceux qui haïssent par-dessus tout, l’auto- organisation de la société NE PASSE PAS.

Ghardaïa d’où est sorti QASSAMAN ne déméritera pas et continuera à se mobiliser SANS PEUR. SANS VIOLENCE ET SANS PASSION pour que vivent dignement les algériennes et les algériens dans une Algérie libre et heureuse

Le Premier secrétaire national

Karim TABBOU

Karim Tabbou : « Ould Kablia est le pyromane de Berriane »

Samedi 13 juin 2009

Il a indiqué que 17 militants du parti ont été convoqués par la police à Ghardaïa

C’est Ould Kablia qui est le pyromane de Berriane. Avec ses propos, il ne fait qu’attiser le feu. » C’est en ces termes que le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou, a réagi aux récentes déclarations du ministre chargé des Collectivités locales au sujet des événements qui ont secoué la localité de Berriane

« Il y a une véritable démarche punitive contre cette région qui a osé s’organiser et militer pour les droits », a déclaré hier M. Tabbou lors d’un point de presse tenu en marge de la conférence organisée par l’école de formation du FFS au siège du parti. Le même responsable condamne le soutien accordé par le ministre aux organisations ancestrales. Soutien qui, selon lui, vise à casser les formations politiques. « On veut maintenir la région sous l’emprise de ces anciennes organisations composées de gens cooptés par le pouvoir. Quand Ould Kablia parle d’interférences dans le système d’organisation ancestrale, il faut savoir que c’est du contraire dont il s’agit, ce sont ces fameux « notables » qui s’interfèrent dans la vie politique », a indiqué M. Tabbou, qui estime qu’il existe une volonté de « casser le FFS dans la région. Une région qu’on veut rendre soumise par la terreur ».

Etayant cette affirmation, le premier secrétaire a évoqué les convocations envoyées par la police à 17 militants du parti à Ghardaïa dont 9 élus, 5 à l’APW et 4 à l’APC. « Sur les 17 personnes convoquées, seul un militant a répondu à la convocation. Il a subi un interrogatoire au cours duquel on lui a demandé pourquoi il a adhéré au FFS, et que le FFS a provoqué l’anarchie dans la région, ceci en sus de faire l’objet de menaces », a indiqué Tabbou. Ce dernier estime que « cette logique d’intimidations répétées prouve que l’administration prépare un coup au FFS en perspective des prochaines élections locales. Lorsqu’un élu est l’objet de poursuites judiciaires, le wali peut appeler les membres de l’Assemblée populaire de wilaya pour le démettre de sa fonction d’élu comme stipulé dans les codes communal et de wilaya. Alors l’arrière-pensée de ces intimidations est patente », a-t-il affirmé. Outre cette motivation que le premier secrétaire souligne, il parle aussi du travail sur le terrain accompli par la fédération du FFS à Ghardaïa. « Cette fédération organise chaque samedi un meeting où toutes les questions relatives à la vie politique, économique, sociale et culturelle sont évoquées. La démarche de l’administration vise à étouffer dans l’œuf tout espace de débat et de dialogue citoyen, et stopper les investigations que les élus du FFS mènent concernant notamment les affaires financières et douteuses en cours dans la région. »

Evoquant la vie du parti, le premier secrétaire du FFS émet l’ambition de son parti de constituer un mouvement de jeunes. Ce dernier connaît déjà son noyau avec les 3800 étudiants inscrits à l’école de formation du FFS. « Le parti prendra en charge l’organisation de ce mouvement et sa structuration pour devenir un mouvement de jeunes affiliés au parti. Nous organiserons des conférences régionales pour finir par une grande rencontre nationale devant annoncer la naissance de ce mouvement », a indiqué M. Tabbou, qui estime qu’il s’agira de renouveler les ressources politiques internes et provoquer un réencadrement de ses structures. Outre les étudiants, le même responsable souligne en outre que des actions verront le jour pour démontrer le soutien du parti au mouvement associatif. « Nous avons prévu pour cela d’organiser un forum durant cet été pour rendre visibles les associations et syndicats qui militent », atteste-t-il, en notant qu’il existe une volonté « du pouvoir de tout détruire à l’effet de tout contrôler. On veut rendre impossible la reconstruction sociale en greffant des cellules cancéreuses dans les structures politiques, associatives, syndicales, etc. »(elwatan)

متابعات ومضايقات بوليسية بالجملة ضد إطارات ومنتخبي الأفافاس بغرداية

Mardi 9 juin 2009

fekh.bmp    بدأت اليوم حملة واسعة من التحرشات والمضايقات البوليسية ضد إطارات ومنتخبي ومناضلي حزب جبهة القوى الاشتراكية لفدرالية غرداية وكذلك توجيه استدعاءات بالجملة لهم للمثول أمام الشرطة القضائية، دون ذكر السبب أو التهمة الموجهة لهم.

    وياتي هذا بعد الإضراب الناجح الذي شهدته مدينة غرداية يوم 01 جوان 2009، تضامنا مع الشاب المظلوم محمد بابانجار وتعبيرا عن سخط وغضب مواطني غرداية من اللاعدالة والظلم والقهر والتعذيب الجسدي والنفسي المستمر على هذا الشاب، وقد كانت الاستجابة واسعة لهذا الإضراب بنسب متفاوتة بأحياء غرداية، بالرغم من العمل المخابراتي والمؤامراتي من السلطة المحلية لمحاولة كسر الإضراب وهذا باستعمال أسلوب جديد يتمثل في إعطاء أوامر لأذنابها المعروفين وهم ما يسمى “بالأعيان” الذين عينتهم ووظفتهم السلطة كممثلين للشعب بدلا من المنتخبين الشرعيين، وهذا في خرق صارخ للدستور ولكل القوانين، ليكونوا الوسيلة المثلى لكسر كل مطالبة بالحقوق ولتمرير خطاب السلطة ومخططاتها وهذا ما أكده الوزير المنتدب “دحو ولد قابلية” في تصريحاته الأخيرة في تامنراست.

    وتأتي هذه الممارسات بعد أن فشلت السلطة في كسر التيار الاحتجاجي الديمقراطي السلمي، المتواجد في غرداية و المتمثل في مناضلي حزب جبهة القوى الاشتراكية والناشطين في الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان، وذلك فيما صار يعرف ب”أحداث غرداية 2004″ ، حيث أصدر آنذاك جهاز العدالة أوامر بالقبض ضد إطارات التيار المذكور أعلاه دون أي دليل أو حتى إتباع الإجراءات القانونية المطبقة في مثل هذه الحالات، والذين سلموا أنفسهم ثم صدرت ضدهم أحكام بالسجن النافذ متفاوتة المدة، ثم تلتها القضية المفبركة ضد الشاب محمد بابا نجار المحكوم عليه بالإعدام سابقا،  والذي حاولت السلطة جره الى إلصاق تهمة التحريض على القتل لأحد إطارات حزب الأفافاس وهذا ما صرح به محمد بابانجار أمام القاضي في المحاكمة الأخيرة بمجلس قضاء المدية، ولكن دون جدوى.

    هل تظن السلطة أنها باستعمالها مثل هذه الممارسات والمضايقات لتخويف وتكميم أفواه كل الناشطين الحقوقيين والمعارضين السياسيين؟؟ وبالتالي ستمضي قدما نحو الدكتاتورية المطلقة وخاصة بعد تعديل الدستور و نتائج الانتخابات الرئاسية الأخيرة.

    بل بالعكس من ذلك تماما، فكل مازادت السلطة من مثل هذه الممارسات الدنيئة كشفت عن وجهها الحقيقي أمام كل المواطنين والصحافة المستقلة والرأي العام الوطني والدولي وزادت من عزيمة وإصرار المناضلين الحقيقيين للعمل والنضال المتواصل للتغيير الجذري لهذا النظام ولاستعادة الحقوق والتمتع بالحريات الفردية والجماعية في ظل الديمقراطية واحترام حقوق الإنسان.    

         الإمضاء

                                                          د. فخار كمال الدين

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