Nacer Boudiaf “Fatiha Boudiaf est responsable de la disparition de la mémoire de mon père” (ffs1963)

30 juin 2009

Nacer Boudiaf à El Bilad: «Fatiha Boudiaf porte l’entière responsabilité dans la disparition de la mémoire de mon père. Elle a préféré défendre ses intérêts personnels au détriment de la mémoire de Mohamed Boudiaf. Elle se sert de l’argent de
la Fondation qui se compte en milliards. Fatiha Boudiaf et ses enfants ne sont même pas venus se recueillir à la mémoire de Boudiaf. Ils sont restés au Maroc pour gérer leurs affaires (…) Où est le général Khaled Nezzar ? Où est Ali Haroune ? Ils ne sont même venus se recueillir sur la tombe de Boudiaf. J’ai maintenant la preuve que ces hommes n’aimaient pas mon père. Ils ont crée la Fondation pour faire diversion”.

Centre d’enfouissement indésirable

29 juin 2009

 Les associations de l’arrière-pays béjaoui s’opposent fermement à l’installation du projet à Bouchekroune. Le site choisi aurait été le théâtre d’un haut fait d’arme de la Révolution.

Décidément, le mouvement associatif représentant les villageois du douar Madala, dans la commune de Béjaïa, n’arrive pas à se défaire de « l’indésirable » projet de Centre d’enfouissement technique (CET). La dernière sortie sur les ondes de la radio locale du directeur de l’environnement a mis le feu aux poudres. Le maintien du projet, en dépit des nombreuses protestations exprimées auprès de l’autorité communale notamment, a fait sortir de sa réserve la coordination des associations des villages de Boukhiama, localité vraisemblablement désignée pour accueillir le CET. Il y avait beaucoup de monde mercredi passé dans le salon de l’hôtel Royal où une conférence de presse a été animée par M. Brahim Nigro, le président de l’association du village. Les associations des deux autres douars de la zone rurale de Béjaïa, à savoir les douars Timssiouith et Aït Amar Ouali sont venues exprimer « leur solidarité active ».

De même qu’est remarquée la présence du président de la FAZORC, la fédération des zones rurales de la commune de Béjaïa, structure composée des trois douars cités et de représentants de l’ONM, de la CNEC et de l’ONEC. D’emblée, M. Nigro fera savoir que « la population est mobilisée pour rejeter la réalisation » du projet en question. Il rappelle ensuite que le dossier de rejet présenté avec force arguments (dont la charge historique du site retenu, les risques encourus sur le plan sanitaire, les menaces pesant sur les sources d’eaux, le caractère agricole de la zone,…) aurait pourtant reçu, selon lui, un écho favorable auprès du P/APC. Mais la situation, devrait-il ensuite constater, évoluait sur le terrain plutôt « vers une réalisation du projet ». A commencer par « la visite sur les lieux d’une délégation conduite par le chef de daïra en date du 23 juin passé ».

La population a, selon M. Nigro, réitéré son opposition lors de la même visite. Il s’en est suivi une réunion avec le chef de daïra et les services de l’Environnement de la wilaya tenue le lendemain. La rencontre a débouché sur le principe d’une sortie conjointe avec tous les acteurs concernés afin de délimiter le site, théâtre d’un haut fait d’arme de la Révolution et avec une éventualité d’inscrire sa réhabilitation dans un PCD. Plus d’une quarantaine de moudjahidine, fait-on remarquer, y est tombée lors d’un accrochage avec l’aviation ennemie et leurs corps y auraient été ensevelis sans sépultures. Ce qui s’apparente à un argument de taille quant à soustraire l’endroit à l’implantation du CET. A charge, conclut le conférencier, de motiver son implantation ailleurs. Il sera en ce sens précisé que lors de l’assemblée communale du 23 mars passé, un élu avait demandé à ce qu’une séance extraordinaire de l’assemblée soit consacrée au problème du CET. D’autant plus que des élus, append-on au cours de la conférence, soutiennent qu’il n’y a pas eu de délibération de l’assemblée quant à l’opportunité d’un tel projet.(ELWATAN)

Aucune cérémonie n’est prévue Boudiaf, l’oublié des hommages

29 juin 2009

Mohamed Boudiaf a été assassiné, en direct à la télévision, un certain 29 juin 1992 à la Maison de la culture de Annaba. 17 ans après, la commémoration de la mort de ce grand homme est passée sous silence.

Si Tayeb El-Watani dérange-t-il à ce point-là ? Même l’évocation de sa mort, une fois par an, semble perturber la quiétude de tout un monde.

Ni la fondation qui porte son nom, encore moins le ministère des Moudjahidine et l’Organisation nationale des moudjahidine, ou encore le FLN qu’il a enfanté, personne n’ose organiser un hommage officiel à cet homme, pourtant assassiné alors qu’il présidait aux destinées de l’Algérie.

Mohamed Boudiaf a consacré toute sa vie pour l’Algérie. Militant dans le mouvement national de la première heure, il est l’un des pères fondateurs, sinon le père, du FLN. Après l’Indépendance, il marque son désaccord avec Ahmed Ben Bella.

Il sera arrêté et forcé à l’exil en 1963. Il élira domicile à Kenitra, au Maroc. Il créera un parti d’opposition, le Parti révolutionnaire socialiste (PRS), qu’il dissoudra à la mort de Houari Boumediene en 1979. Il se consacrera à la gestion de sa briqueterie. En 1992, alors que l’État vacillait, on fait appel à lui pour sauver le bateau Algérie.

Le peuple algérien découvre un homme humble qui utilise un langage clair, direct, et qui parvient, l’espace d’une parenthèse, à se faire aimer comme jamais un chef d’État algérien ne l’a été. Ce natif de Ouled-Madi (M’sila) a su, en quelques mois seulement, gagner le cœur des jeunes à travers sa simplicité et sa modestie.

Boudiaf, qui a été déconnecté des réalités du sérail, ne s’est pas fait que des amis depuis son arrivée à El-Mouradia. Hostile au faste et autres extravagances liées au pouvoir, Boudiaf bousculait les bonnes vieilles habitudes du sérail.

Appelé à la rescousse en 1992, au lendemain de l’arrêt du processus électoral et de la démission forcée du président Chadli Bendjedid, Mohamed Boudiaf ne faisait aucune ambiguïté sur ses choix politiques.

Ceux qui ont décidé de l’arrêt du processus électoral et poussé Chadli à la démission savaient que Boudiaf était un homme de principes. Ils l’ont pourtant laissé mourir, un certain 29 juin, six mois seulement après son arrivée à El-Mouradia.

Le procès de son assassin présumé, Lembarek Boumaârfi, un sous-lieutenant du GIS, a conclu à l’acte isolé. Une page a été tournée et refermée à jamais.

Son livre Où va l’Algérie ? restera, cependant, comme un os en travers de la gorge de tous ceux qui portent la responsabilité des assassinats de l’homme. Oui, Boudiaf a été assassiné plusieurs fois.

Celui qui voulait bâtir une Algérie démocratique, débarrassée de la corruption et dédiée aux jeunes compétences, a payé le prix de sa vie. Après 1992, la corruption n’a jamais été aussi prospère, la démocratie n’a jamais connu un tel recul et les jeunes n’ont jamais été aussi désespérés.

Les millions de personnes qui avaient pleuré la mort de Boudiaf ont vite oublié. On cultive bien l’amnésie générale !(LIBERTE)

بدون تعليق

28 juin 2009

صرح مصطفى بوشاشي المحامي الكبير ورئيس الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الانسان في لقائه مع الخبر الاسبوعي ان الجزائر ضيعت فرصة كبيرة لتحقيق المصالحة الوطنية وهدا ما يعطي حق للافافاس والسيد حسين ايت احمد.

العدالة للأثرياء والمواطن يحل نزاعاته في الشارع (الخبر الاسبوعي

28 juin 2009

ضم المحامي والحقوقي مصطفى بوشاشي، صوته إلى زملائه المحامين والكثير من رجال القانون وموظفي قطاع العدالة، الرافضين لقانون الإجراءات المدنية الجديد الذي دخل حيز التنفيذ منذ أكثر من شهرين، رغم أنهم لم يتخذوا أية خطوة للتعبير عن موقفهم من القانون وهم يطبقونه بحذافيره، لكنهم لا يكفون عن الحديث في كواليس المحاكم عن سلبياته المتعددة وما سيترتب على تطبيقه مستقبلا·

A quand la vérité sur les assassinats politiques? (ffs1963)

28 juin 2009

On comprend bien que chaque assassinat politique est lié à une manœuvre politique du régime pour instruire un chaos constructif  et vider la société de sa substance intellectuelle afin de pérenniser un pouvoir illégitime.

Le régime actuel n’a pas su tirer les leçons du passé dramatique lointain et récent du pays en vue d’une reconstitution d’une société déchiré. Il est impossible au régime de ne pas savoir pourquoi et qui a ordonné ces crimes. Dés lors, qu’il est temps de connaître la vérité sur tous les assassinats politiques dans notre pays pour que le peuple ait connaissance de l’histoire de son oppression pour préserver de l’oubli sa mémoire collective.
La situation politique qui règne dans notre pays est caractérisée par la confiscation de tous les pouvoirs par une dictature militaire, une justice en panne, une corruption généralisée voulue pour maintenir la population en dépendance permanente afin de mieux la soumettre.
L’opposition démocratique se doit donc ajuster sa stratégie afin de se mettre en phase avec la nature du régime qu’elle entend combattre pour qu’il puisse apporter des réponses au peuple et rendre justice a ces hommes et ces femmes assassinés injustement.

Assassinat du président Boudiaf le 29 juin 1992

28 juin 2009

Nul n’a oublié

S’il est un homme qui incarne le mieux le 1er Novembre 1954 dans toutes ses dimensions, c’est bien Mohamed Boudiaf, de son nom révolutionnaire Si Tayeb El-Watani, littéralement le bon patriote. Celui qui a lancé à tous les tièdes de l’époque qu’il allait mener la guerre contre la France coloniale, «même avec les singes de La Chiffa !»  Envoyer cet article à un ami Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte BlankThisLink(‘printartimg’); var siteURL = ‘http://www.presse-dz.com/’; var xHRObjectSA; var idArt = ’10615′;

Boudiaf en était capable, lui qui était de toutes les batailles du mouvement national jusqu’à mériter le nom de «père de la Révolution». Un parcours plein d’engagement, d’abnégation et d’intégrité, mais malheureusement mal récompensé à l’indépendance.

Il a en effet été condamné à mort, en 1964, par ses anciens compagnons après qu’il eut rejoint l’opposition et créé le PRS, Parti pour la révolution socialiste. En effet, les idées de l’homme ont toujours été en faveur du peuple qu’il a toujours défendu.

Après un exil de 28 ans au Maroc, il a été rappelé en catastrophe, en janvier 1992, pour sauver un pays qui n’allait pas tarder à sombrer dans une spirale de violence inouïe.
L’Algérie était tiraillée entre un FIS vainqueur du premier tour des législatives de décembre 1991 et une armée qui ne comptait pas s’en laisser conter.

Oubliées les anciennes injustices commises à son endroit des années durant, Mohamed Boudiaf accepta la rude tâche et tendit sa main à tous ses compatriotes. Une main, que les jeunes qui ne le connaissaient pas – l’homme n’ayant jamais eu les faveurs des médias ni la juste consécration des manuels scolaires – hésitèrent à prendre.

Mais ils ne tardèrent pas à découvrir un homme sincère, vertueux et affichant une aversion et un mépris viscéraux à la quête matérielle. Les jeunes prirent alors la main de cet homme «neuf».

Mohamed Boudiaf a su redonner confiance à la majorité des Algériens. Durant les quelques mois qu’il a passés à la tête du HCE, son franc-parler a résonné dans les coins et les recoins les plus reculés de l’Algérie, là où il prêchait l’amour du pays et la justice entre tous ses citoyens.

Son bref passage à la tête du pays a été marqué par des positions radicales, tant sur le plan politique qu’économique. D’abord, en finir avec la crise sécuritaire ayant résulté de l’arrêt du processus électoral, avec notamment la dissolution du FIS. S’agissant du FLN, dont il est pourtant le titulaire de la carte de militant 1, il avait préconisé, dès 1962, de «le mettre au musée».

L’abus de pouvoir et les avantages par et pour les responsables ? La politique dans la mosquée et l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques ? La corruption ? «Tout cela est désormais fini», avait-il dit lors de sa première conférence de presse animée en tant que chef de l’Etat.

Sur le plan socioéconomique, le président Boudiaf a tenté d’instaurer des politiques sociales de développement en se penchant notamment sur les questions du chômage et des difficultés vécues par les franges fragiles de la société.

Sur le plan économique, il a également donné le ton de son choix pour des réformes globales et profondes.
Que reste-t-il aujourd’hui de l’héritage politique de Mohamed Boudiaf ?

Le Jeune Indépendant

Djamila Moula, ex épouse de Lounès Matoub, répond à l’article d’Aomar Mohellebi de l’Expression

27 juin 2009

Sensationnalisme journalistique quand tu nous tiens ! 

suite à l’article du “journaliste” Aomar Mohellebi intitulé Témoignages inédits sur Lounès Matoub, je me vois dans l’obligation de porter des précisions et remettre les pendules à l’heure. 

Je trouve inadmissible d’aller interviewer ma vieille mère âgée de 70 ans, 11 ans après le décès de Matoub Lounès, pour lui extirper des informations dans le but de discréditer d’autres personnes proches du défunt. Profiter de la naïveté et de la candeur d’une personne âgée pour redorer son blason de journaliste toujours à l’affut du sensationnel m’est insupportable.

Si ce que ma mère, la voisine, ou un autre proche de Lounès ont à dire est si important ou inédit, pourquoi avoir attendu 11 ans après le décès de l’artiste pour aller les interviewer ? 

Il n’y a pas si longtemps, ce même “journaliste” encensait la famille Matoub et sa veuve dans les colonnes d’un journal connu pour ses accointances avec le pourvoir algérien.

Que les lecteurs n’aillent pas croire que ma mère ou moi-même ayons une quelconque relation avec
La Dépêche de Kabylie ou l’Expression. Personnellement, j’aurais souhaité que mon nom ne soit jamais associé à ces journaux *. 

Je ne comprends pas comment quelqu’un qui prétend avoir connu Lounès, qui a toujours prétendu avoir été son ami, ait pu écrire un article pareil ; car connaissant Lounès, je suis sûre et certaine qu’il n’aurait jamais accepté ce genre d’article qui n’est qu’une grave atteinte à sa vie intime et à celle de sa veuve.

Au lieu d’aller déterrer des ragots de trottoir, ce pseudo journaliste aurait mieux honoré sa profession s’il s’était engagé dans un journalisme d’enquête pour faire jaillir la vérité sur l’assassinat de Lounès. C’est ça qui aurait pu être inédit ! Ou bien a-t-il peur que la vérité risque d’éclabousser ses sponsors ? Ce n’est pas en surfant sur la célébrité de Lounès et le capital sympathie qu’il avait chez le peuple kabyle qu’il nous démontre qu’il est un journaliste. 

Mais n’est pas journaliste d’investigation qui veut, Cependant, journaliste de ragots, c’est à la portée de tout le monde.source(kabyles.net)

Maître Bouchachi: “L’extradition de Khalifa n’est pas pour demain”

27 juin 2009

bouachachi.jpgSelon l’avocat et défenseur des droits de l’homme, maître Mostefa Bouchachi, si Khalifa est extradé «tout recommencera à zéro». «Il devrait y avoir un arrêt de la chambre d’accusation. Khalifa aura droit à un nouveau procès», nous explique-t-il. Me Bouchachi souligne que «A. Khalifa a le droit de faire appel devant une juridiction suprême». «Il ne pourra pas être extradé pendant cette période. L’extradition n’est pas pour demain», affirme encore l’avocat. El Watan

« Ne pas renier notre Histoire et concilier notre socle culturel avec les valeurs universelles »

27 juin 2009

Je dois d’abord vous dire pourquoi je suis là. Je suis là parce que ma solidarité va automatiquement à toutes les luttes pour la liberté, pour les libertés. Et les Iraniens, le peuple iranien, ont besoin aujourd’hui de toute notre solidarité pour que sa voix ne soit pas étouffée. 

Mais au delà, je suis là parce que l’Iran a pour moi une résonance particulière. 

Il s’agit d’une lutte pour la liberté dans le cadre d’une société islamique. Or, quel que soit le poids très lourd des préjugés et des calculs politiques qui voudraient que cette liberté soit un concept exclusivement occidental, la liberté est bien une valeur UNIVERSELLE. 

J’insiste sur ce point. Car par delà les remous médiatiques, les spéculations nées de l’ignorance ou de calculs à caractère colonialiste, il ne faut surtout pas se méprendre. 

Ce qui se joue aujourd’hui en Iran, dans cette république islamique née d’une révolution religieuse contre la tyrannie, est un problème universel qui se pose à une société particulière à un moment particulier de son histoire. 

Aujourd’hui en Iran, une partie importante de la population, du clergé, et de l’establishment politique et religieux expriment un désir très fort de réforme et d’ouverture à l’intérieur du cadre de la révolution islamique. 

Vouloir réduire ce combat à une instrumentalisation à visée néo-colonialiste, néo-impérialiste ou néo- je-ne-sais-quoi est pire qu’un mensonge, pire qu’une imposture : c’est un déni de réalité. 

Nous avons l’habitude de ce déni, nous peuples « du sud ». 

Ce déni est le mode de gestion des régimes qui affirment tirer leur légitimité des peuples et les représenter, mais qui lancent leurs milices contre ces mêmes peuples dès que souffle le moindre vent de liberté. 

Certes nous vivons une époque bien curieuse. D’un côté, les colonialistes sont de retour et revendiquent sans vergogne « les bienfaits de la colonisation ». 

Face à eux, des pouvoirs corrompus et illégitimes font dans la surenchère nationaliste…tout en remettant au goût du jour les pires méthodes coloniales dans la conduite des affaires nationales. Cela leur permet de poursuivre des méthodes de gestion qui empêchent toute évolution et toute ouverture sur de nouvelles perspectives sociales, culturelles et politiques. 

La réalité de cette donne ne change rien aux questions que pose l’Iran aujourd’hui.

Et ces questions sont aux antipodes du simplisme et de la contre information que certains veulent nous servir. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre les manifestants iraniens scander aujourd’hui « Allah o Akbar » ou « Mort aux dictateurs », les slogans de la révolution islamique de 1979 utilisés par leurs parents contre le Shah. 

En réalité, les questions posées par le formidable mouvement protestataire des peuples iraniens et la ré-émergence exemplaire et pacifique de ses aspirations démocratiques sont simples : 

Comment lutter contre la tyrannie ? Comment organiser la contestation d’un ordre étouffant sans quitter son propre socle culturel ? Sans renier son Histoire ? 

Le véritable enjeu est là. Et il se moque des manipulations, des « complicités » régionales et internationales, réelles ou supposées.

Je disais que l’Iran a pour moi une résonance particulière. 

C’est que je viens d’un pays, l’Algérie, dont la lutte pour l’indépendance, la révolution ont été motif de fierté universelle pour les hommes de ma génération. Mon pays a payé cher pour atteindre cet idéal qui est, et reste, l’indépendance et la souveraineté. Ce premier pas accompli, la longue marche vers la liberté, la justice et la démocratie n’a fait que commencer. Et cette longue marche n’a cessé d’être contrariée. 

Je viens de ce pays où un coup d’état a suivi l’autre, où les promesses de la révolution n’ont jamais été tenues, où les urnes servent ou à légitimer les tenants du pouvoir ou à être bourrées quand le peuple se lasse ou s’insurge contre des dirigeants iniques. 

Je viens d’un pays où la répression vient sauver ce que l’autoritarisme ne parvient plus à imposer. 

Vous comprendrez donc que tout cela éveille en moi une sensibilité particulière à la lutte pour la liberté des Iraniens. Vous comprendrez aussi que je n’ai aucun complexe à dire que s’être battu une fois pour la liberté n’est pas une garantie d’infaillibilité. Et encore moins une garantie d’impunité. 

Aujourd’hui, nous devons être réaliste face à la situation qui prévaut à Téhéran. 

N’oublions pas le précédent algérien d’octobre 1988 où des centaines de milliers de jeunes, exclus et désespérés, avaient déferlé dans les rues de mon pays en scandant : « Nous sommes des hommes, nous sommes des hommes ». 

On pourrait s’étonner que ce formidable coup de semonce n’ait pas été fatal au système militaro-policier algérien, surtout au moment où se profilait l’effondrement du système totalitaire soviétique. Il n’en a rien été. La répression est venue écraser la révolte d’une jeunesse à laquelle le régime refusait à la fois des conditions d’existence dignes et les moyens pacifiques de les revendiquer. 

Comparaison, dit-on, n’est pas raison : Alger n’est pas Téhéran et Téhéran n’est pas Alger. 

Mais le quasi-coup d’Etat qu’a constitué une fraude électorale massive en Iran montre que la faction la plus radicale entend désormais exclure du jeu politique les tendances un peu plus « ouvertes » du régime. Et que, paniquée, elle ne veut plus de ces scrutins qui peuvent, malgré tout, constituer une brèche dans le système comme le fut l’élection d’un président « réformateur » Mohammad Khatami. 

Aujourd’hui, les « gardiens de la révolution » et le Guide sifflent la fin de la récréation, la presse étrangère est priée d’aller voir ailleurs, les arrestations se multiplient, les tirs à balles réelles remplacent les tirs de sommation et commencent à tuer. Certes, tout n’est pas joué. Certes, les Iraniens continuaient aujourd’hui même à réclamer leurs droits en défiant les matraques des bassidj. Mais tout indique que la rue, peu à peu, risque de se vider et que la normalisation pourra se faire à huis clos. 

Comment dès lors anticiper et empêcher une répression qui s’annonce implacable ?

Texte de l’intervention de Hocine Ait Ahmed à la réunion d’information et de soutien au peuple iranien, le 24 juin 2009 à Paris.

C’est aux Iraniens de nous dire ce qu’ils attendent de nous. Mais d’ores et déjà, nous leur devons une chose face à l’impuissance des institutions internationales de droits de l’Homme et à l’absence de recours auprès d’une réelle communauté morale universelle. 

Nous leur devons de ne pas nous laisser entraîner dans de sombres querelles idéologiques.

Nous avons l’habitude de ces « repentis » exhibés à la télévision pour servir une chanson usée d’avoir trop servi : celle de « la main de l’étranger ». Il nous faut donc refuser avec force cet amalgame mortifère qui tente de délégitimer un mouvement en faveur des libertés et contre la tyrannie en l’assimilant à je ne sais quelle déviance occidentale. Ne nous laissons pas culpabiliser par des rodomontades nationalistes qui sont l’arme favorite de tous les totalitarismes. 

Car, et j’emprunte une expression de mon ami iranien Ahmad Salamatian, ce sont aujourd’hui les képis et les armes qui pointent sous les turbans. Et ils visent à étouffer dans l’œuf une formidable aspiration à la liberté. 

La contestation iranienne ressemble fort à une deuxième révolution non violente et porteuse de messages positifs au sein d’un tiers monde trahi par ses libérateurs-oppresseurs. 

Je le redis avec force. Nous devons, nous, peuples du sud, donner à cette quête de liberté les contours qui nous permettent de ne pas renier notre Histoire et de concilier notre socle culturel avec les valeurs universelles. 

C’est là notre vrai défi. Et c’est aussi ce qui se joue à Téhéran.

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