Hocine Aït-Ahmed: «Le peuple iranien a besoin de notre solidarité» (ffs1963)

27 juin 2009

Une rencontre de soutien au peuple iranien a été organisée, hier, par l’association du manifeste des libertés à la bellevilloise dans le 20ème arrondissement de Paris. Plusieurs personnalités iraniennes se sont relayé le micro pour dénoncer la répression sauvage qui s’abat sur leurs concitoyens dans les rues de Téhéran. Elles ont su, dans un parfait élan de solidarité, dépasser leurs divergences politiques et assumer ainsi la pluralité du peuple iranien face à un totalitarisme religieux qui a tout fait pour la nier.   

«Le totalitarisme prend fin quand les gens ne supportent plus de vivre dans le mensonge et cette fraude électorale était le grand mensonge, un mensonge qui symbolisait la nature mensongère de l’Etat… le mensonge de trop !», disait Chahla Chafiq, sociologue et exilée politique iranienne, pour qui l’islamisme est le véritable mal de l’Iran. Elle a fait un véritable plaidoyer en faveur de la lutte des femmes en Iran «elles sont au centre des manifestations», poursuit-elle. Elles ne veulent plus être des «demi-hommes»; l’ombre de la jeune NEDA qui a été assassinée pendant les dernières manifestations planait sur la salle «Nous sommes tous des Neda.. », martelait la sociologue. Cette dernière invite la communauté internationale à ne pas reconnaître le régime iranien. 

L’intellectuel Ahmed Salamatian, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, rappelle à l’assistance qu’en 1953, à la faveur des intérêts pétroliers, fut déposé l’un des gouvernements les plus démocratiques du monde, exemple de tolérance et de progrès, le gouvernement de Mossadeg, avec la complicité des puissances occidentales. «Il y a 30 ans, c’était la passion religieuse qui a balayé le Chah, ce qui est fantastique en ce mouvement actuel, tout le monde croyait que c’était perdu, la liberté et le combat pour la démocratie…d’un seul coup, les Iraniens surprennent le monde ; c’est par la passion de la liberté, le respect du suffrage universel qu’ils se  mobilisent»,  disait l’ancien député iranien et de poursuivre «la différence entre Neda et les martyrs de la révolution iranienne est énorme…le symbole de la jeune fille qui est tuée et que c’est son professeur de musique qui la prend dans ses bras, dans les rues de Téhéran où il y a trente ans on voulait interdire la musique…quel miracle que cela représente ! ».   

La parole est donnée ensuite à M. Hocine Aït-Ahmed, dirigeant historique de la révolution algérienne et symbole de la lutte pour les libertés et la démocratie, fervent défenseur des droits de l’homme : «… Je suis là parce que ma solidarité va automatiquement à toutes les luttes pour la liberté, pour les libertés; le peuple iranien a  besoin de notre solidarité pour que sa voix ne soit pas étouffée mais au-delà, je suis là parce que l’Iran a pour moi une résonance particulière; il s’agit d’une lutte pour la liberté dans le cadre d’une société islamique, or quel que soit le poids très lourd des préjugés et des calculs politiques qui voudraient que cette liberté soit un concept exclusivement occidental: la liberté est bien une valeur universelle M. Aït-Ahmed prévient ceux qui, au sein du régime des Mollahs, veulent réduire la protestation à une simple et banale manipulation de l’étranger: «…vouloir réduire ce combat à une instrumentalisation à visées néocolonialistes, néo-impérialistes ou néo-je-ne-sais-quoi est pire qu’un mensonge, pire qu’une imposture c’est un déni de réalité. Nous avons l’habitude de ce déni, nous, peuples du sud; ce déni est le mode de gestion des régimes qui affirment tirer leurs légitimités des peuples et les représenter et qui lancent leurs milices contre ces mêmes peuples dès que souffle le moindre vent de liberté… ».

Son long discours est plusieurs fois interrompu par des applaudissements nourris de la salle tellement les présents savent qu’il vient d’un pays qui a érigé la fraude électorale et la terreur en mode de gestion politique.  «…Je viens de ce pays ou un coup d’état a suivi l’autre, où les promesses de la révolution n’ont jamais été tenues, où les urnes servent à légitimer les tenants du pouvoir et à être bourrées quand le peuple se lasse et s’insurge contre des dirigeants iniques. Je viens d’un pays où la répression vient sauver ce que l’autoritarisme ne parvient plus à imposer… ».

M. Aït-Ahmed rappelle la répression féroce qui s’est abattue sur la jeunesse algérienne en octobre 1988 et invite les Iraniens à être réalistes face à la situation qui prévaut à Téhéran.  «N’oublions pas le précédent algérien d’octobre 1988 où des centaines de milliers de jeunes exclus et désemparés avaient déferlé dans les rues de mon pays aux slogans (un moment d’émotion) nous sommes des hommes, nous sommes des hommes. On pouvait s’étonner que ce formidable coup de semence n’a pas été fatal au système militaro-policier algérien surtout au moment où se profilait l’effondrement  du système totalitaire soviétique ; il n’en a rien eu, la répression est venue écraser la révolte d’une jeunesse à laquelle le régime refusait à la fois des conditions d’existence dignes et les moyens pacifiques de les revendiquer…»

Il est vrai que la comparaison n’est pas raison et qu’Alger n’est pas Téhéran mais la volonté de réprimer dans le sang la jeunesse iranienne se fait de plus en plus sentir et c’est une répression à huis-clos qui s’organise dans les rues iraniennes puisque les médias nationaux ou étrangers n’ont plus le droit de couvrir les événements «…c’est aux Iraniens de nous dire ce qu’ils attendent de nous, et d’ores et déjà, nous leur devront une chose face à l’impuissance des institutions internationales des droits de l’homme et à l’absence de recours auprès d’une réelle communauté morale universelle, nous leur devons de ne pas nous laisser entraîner dans de sombres querelles idéologiques; nous avons l’habitude de ces repentis exhibés à la télévision pour servir une chanson usée à force d’avoir trop servi, celle de la main de l’étranger. Il nous faut refuser cet amalgame mortifère qui tend de dé-légitimer un mouvement en faveur des libertés et contre la tyrannie en l’assimilant à je ne sais quelle déviance occidentale. Ne nous laissons pas culpabiliser par des rodomontades nationalistes qui sont l’arme favorite de tous les fondamentalismes…Nous devons nous, peuples du sud donner à cette quête de liberté des contours qui nous permettent de ne pas renier notre histoire et concilier notre socle culturel avec les valeurs de l’universel ; c’est là notre vrai défi et c’est aussi ce qui se joue à Téhéran.. ». 

Il n’est pas sans rappeler que de nombreuses personnalités sont venues apporter leur soutien au peuple iranien, on pouvait voir les différents représentants des partis politiques de la gauche française à l’image du PS, PCF et les verts. Dominique Voynet s’est particulièrement illustré par une intervention virulente à l’encontre du régime des Mollahs et assure le peuple iranien du soutien et de la solidarité de l’union européenne.  

Il faut que la solidarité internationale continue à se manifester à l’égard de la jeunesse iranienne, au-delà des personnes et des partis, la démocratie doit être le bien de tous les peuples. Il faut que les états occidentaux cessent de soutenir des régimes corrompus et tyranniques pour des intérêts bassement matériels. Ca y va de l’avenir de l’humanité ! 

Amizour: Pétition contre l’extraction «abusive» du tout-venant

25 juin 2009

  Pétition contre l’extraction «abusive» du tout-venant

Les travaux d’extraction du tout-venant dans le lit de l’Oued Amizour ayant débuté il y a deux mois font peur aux riverains, notamment les habitants du quartier Tahamamt qui craignent les conséquences néfastes que peut engendrer cette opération qualifiée d’«abusive». «Cette extraction risque de causer des dommages irréparables aux berges et de donner lieu à des inondations catastrophiques en cas de crue de l’oued», écrivent les plaignants dans leur pétition adressée au wali de Béjaïa en date du 10 juin.

Ces riverains disent aussi que l’opération a déjà touché deux kilomètres linéaires causant des dégâts sur un terrain de jeu aménagé par l’APC, le gabionnage en bordure du CV 4 et la passerelle qui relie les deux rives au lieu dit Timdant. Il faut préciser que l’Oued traverse et coupe la ville d’Amizour en deux, ce qui rend ce centre urbain vulnérable aux inondations et d’éventuels débordements de l’oued par des crues en hiver. En 2006, l’APC avait tiré la sonnette d’alarme quant au danger et à la menace de l’Oued qui avait déjà ravagé une bonne partie des berges. Pour cela, un projet de canalisation de 3 km allant de part et d’autre du pont de la rivière saisonnière est inscrit.

Les dégradations du lit de l’Oued causées par des extractions excessives de tout-venant pourraient accélérer la décadence et mènera à rendre la menace réelle sur les quartiers voisins de la rivière. Le cri d’alarme des habitants de Tahamamt pourrait inciter les pouvoirs publics et les autorités locales au moins à faire appliquer la note du wali n’autorisant l’extraction du sable et du tout-venant qu’en dehors des zones  de moindre risque.La Dépêche de Kabylie

Photo de famille (ffs1963)

24 juin 2009

haa1.bmpPhoto prise à la fin de la journée d’études sur la guerre d’indépendance de l’Algérie, des années 1940 à juillet 1962, organisée par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BIDC) de l’Université de Paris Ouest, le 20 mai 2009. 

caricature de jour

24 juin 2009

caricature de jour dans Actualité algérienne 3517

Hocine Aït-Ahmed à la réunion de soutien au peuple iranien, la démocratie et les libertés (ffs1963)

24 juin 2009

iranafpbehrouzmehri.jpgMonsieur Hocine Aït-Ahmed a répondu à l’invitation qui lui a été adressée pour participer à la réunion d’informations et de soutien au peuple iranien.  Mercredi 24 juin 2009, 20 heures, La Bellevilloise, Plateau FORUM 21, rue Boyer, 75 020 PARIS Metro Gambetta, ou Ménilmontant

Association du Manifeste des libertés

Soutien au peuple iranien pour la démocratie et les libertés

Depuis la proclamation des résultats falsifiés aux élections présidentielles, les Iraniens manifestent, quotidiennement et massivement, leur opposition au détournement de la démocratie et à l’imposition d’un candidat par la fraude. A cette grande protestation pacifique et courageuse, le régime du « guide » répond par la terreur, l’arrestation, le meurtre. Nous nous réunissons pour apporter notre soutien au peuple iranien dans sa lutte pour la démocratie et les libertés. Nous nous réunissons aussi pour défendre le droit et la paix pour l’ensemble de la région, tant il est évident que le sort des Iraniens nous concerne tous.

Nous donnerons la parole à des citoyens actifs et représentatifs de la société civile iranienne:
Marjane Satrapi, artiste dessinatrice
Chahla Chafiq, sociologue
Mohsen Makhmalbaf, réalisateur
Ahmad Salamatian, analyste politologue

Avec les témoignages de soutien de:
Hocine Aït-Ahmed, homme politique algérien
Fethi Benslama, professeur d’Université
Karim Lahidji, président de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran et vice-président de la FIDH
Pierre Tartakowsky, vice-président de la LDH

Des représentants respectifs du PS, des Verts et du PCF prendront la parole.

Avec le soutien du Centre culturel iranien Pouya

Pour réservation : manifeste@manifeste.org

Tonic emballage. Le tribunal de Blida prononce la mise en faillite(ELWATAN)

24 juin 2009

L’affaire Tonic Emballage arrive enfin à son dénouement après plusieurs années d’instruction, avec la décision de mise en faillite pour cessation de paiement prononcée le 14 juin par le tribunal de commerce de Blida, sur l’assignation d’un de ses créanciers, la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR).

C’est un juge-commissaire secondé par deux contrôleurs qui se chargeront, en application des articles 235 et 240 du code de commerce, de la poursuite de l’activité du complexe papier et emballage de Bou Ismaïl, en remplacement du séquestre judiciaire, dont la gestion très controversée dure depuis mars 2005.

La mise en faillite, ainsi prononcée, ouvre la voie à une nationalisation pure et simple du complexe devenant la propriété exclusive de la BADR qui est, il est bon de le rappeler, une banque à capitaux exclusivement publics.

Mais comme une récente disposition de la loi sur la monnaie et le crédit, promulguée dans le sillage de l’affaire Khalifa, interdit aux banques algériennes de détenir du capital dans une de leurs entreprises domiciliataires, tout porte à croire que le gouvernement procédera prochainement à une nouvelle répartition du capital de Tonic Emballage avec, probablement, l’éviction de la BADR et l’entrée de nouveaux actionnaires qui pourraient être des banques ou autres partenaires qu’ils soient de statut public ou privé.

C’est, selon toute vraisemblance, vers une privatisation sous forme d’ouverture de capital à d’autres acteurs économiques que l’on s’achemine.

Une action qui ne manquera évidemment pas de susciter les convoitises de nombreux opérateurs économiques et hommes d’affaires, aussi bien nationaux qu’étrangers, tant le complexe dispose d’atouts managériaux majeurs.

Il peut en effet à lui seul assurer l’autosuffisance du pays en papier et en emballage de qualité, voire même dégager d’importants excédents à l’exportation. Il a été conçu et réalisé selon les normes internationales en vigueur, ce qui est de nature à faciliter le placement de ses produits sur les marchés étrangers.

En phase d’exploitation optimale, il pourrait atteindre jusqu’à 15 milliards de dinars de chiffre d’affaires par an. A noter que les créances de la BADR sur Tonic Emballage, objet de la saisine du tribunal commercial de Blida, sont constituées d’environ 20 milliards de dinars, au titre des intérêts échus et de près de 60 milliards de dinars au titre du principal.

Des dettes garanties à 120% par les actifs de Tonic Emballage, selon les rapports des audits externes (KPMG, INPED), dont le tribunal de Blida n’a apparemment pas tenu compte en prenant option pour la faillite.

CARICATURE DE JOUR

23 juin 2009

CARICATURE DE JOUR dans Actualité algérienne 3513

Amizour : Le don de 4 500 livres récupéré au port

23 juin 2009

Le don de 4 500 livres offerts par la médiathèque intercommunale de Pézenas en France, est enfin débloqué au niveau du port de Béjaïa, avons-nous appris de l’exécutif communal d’Amizour.

Le lot a été récupéré au niveau du port dimanche dernier, en présence des représentants des secteurs concernés. « Nous remercions toutes les autorités qui se sont impliquées pour nous faciliter la tâche et récupérer ce don important de livres. Un terrain d’entente a été trouvé avec les services des douanes pour faire aboutir cette opération d’intérêt public. L’APC d’Amizour a payé une somme symbolique estimée à 27 000 dinars comme amende pécuniaire. Nous devons également remercier votre journal pour avoir évoqué l’affaire de ces titres restés otages depuis le 14 novembre 2007, date de leur arrivée », nous déclare M. Salem Mammeri, P/APC d’Amizour. Maintenant que le problème du dédouanement et de l’enlèvement est résolu, cet important arrivage de titres de divers domaines enrichira grandement la bibliothèque municipale qui renferme actuellement plus de 3000 livres. Les bibliothécaires exerçant au sein de cet espace de lecture ont déjà entamé le travail de classification au grand bonheur des amoureux du livre.ELWATAN

Comment Achour Abderrahmane a dilapidé l’argent de la BNA ?

23 juin 2009

achourabderahmane.jpgLe procédé utilisé pour subtiliser 21 milliards de dinars de la Banque nationale d’Algérie (BNA) consiste en la création légale d’au moins 9 entreprises fictives, gravitant autour d’une société principale, National A+ qui, elle, existe sur le terrain. La deuxième étape consiste en l’ouverture de 12 comptes: 9 à Cherchell, 2 à Koléa et 1 de National A+ à Bouzaréah. Puis vient la troisième étape durant laquelle interviennent les dépôts de chèques au nom de National A+ pour encaissement au profit des différentes sociétés fictives gérées par Achour par procuration. La quatrième étape consiste à laisser en suspens entre les agences toutes les écritures dans le but de laisser les opérations sans suite et assurer à Achour l’encaissement des chèques alors que les comptes ne sont pas approvisionnés. De Bouzaréah, les chèques sont transférés d’un compte à un autre d’une agence à une autre, jusqu’à ce qu’ils arrivent à Koléa où dans 80% des cas, ils sont encaissés et sortis dans des cabas, pour ne pas dire des camions, parce qu’il s’agit d’importantes sommes. Dans chacune des étapes, les accusés ont un rôle bien déterminé à jouer pour mener à bien ce procédé diabolique digne de la maffia italienne.

L’organisation est structurée autour de 14 membres, dont la tête pensante ou le commanditaire est Achour Abderrahmane, secondé par un lieutenant, Ainouche Rabah, des proches, Settouf Djamel et Settouf Baghdad et avec comme homme de confiance et de mission Mustapha Moaci. Achour n’aurait pris un sou de la banque si les directeurs des agences, ces employés chargés de veiller à la protection des deniers publics, ne l’avaient pas aidé par leur complicité et si les cadres dirigeants comme le PDG, l’inspecteur général ainsi que les commissaires aux comptes, n’avaient pas été négligents. Chacune des accusations d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de dilapidation de deniers publics, de négligence ayant occasionné la dilapidation de deniers publics et le faux en écritures bancaires ont été toutes décortiquées pour être justifiées et présentées comme irréfutables.  Synthèse d’El Watan

Algérie-ONU: Grave revers pour la diplomatie algérienne à Genève

21 juin 2009

Alkarama for Human Rights.

L’institution nationale des droits de l’homme (INDH) algérienne, présidée par Me Farouk Ksentini, a été rétrogradée par le Comité international de coordination des institutions nationales (CCI). Cette décision constitue un revers cinglant pour la diplomatie algérienne qui n’a pas ménagé ses efforts pour discréditer les organes et les experts de l’ONU ainsi que les ONG et les militants des droits de l’homme engagés dans le dossier algérien.

L’accréditation par le CCI n’est octroyée qu’après examen du respect par les INDH des « Principes de Paris  » qui déterminent le cadre de leur action. Après avoir obtenu cet agrément en 2003, la Commission Nationale Consultative de Promotion et de Protection des Droits de l’Homme (CNCPPDH) a réitéré sa demande, cinq ans plus tard, en janvier 2008, conformément au règlement. Le Sous-Comité d’accréditation du CCI lui a fait part au mois d’avril 2008 de son intention de la déclasser et de la rétrograder au statut « B » pour non-conformité avec les « Principes de Paris « . N’ayant pas fait suite aux demandes du Sous-Comité, la CNCPPDH vient donc de perdre son accréditation.

Cette accréditation est d’une grande importance pour les institutions nationales des droits de l’homme car elle leur permet d’agir à divers niveaux de l’ONU: Elles peuvent participer aux sessions et aux travaux du Conseil des droits de l’homme, prendre la parole devant lui sur tous les points de l’ordre du jour en qualité d’entité indépendante et entrer en relation avec ses divers mécanismes. L’institution nationale accréditée peut également soumettre des déclarations écrites, diffuser une documentation portant la cote que les Nations Unies leur ont assignée et agir auprès des organes conventionnels et les procédures spéciales de l’ONU.

Alkarama avait pour sa part présenté le 5 février 2009 au Sous-Comité d’accréditation ses observations relatives à la nature et l’action de la CNCPPDH. Elle avait notamment relevé la dépendance de la Commission à l’égard du pouvoir exécutif, l’absence de transparence dans la nomination de ses membres, le manque de coopération avec les organes de l’ONU et avec les ONG indépendantes de défense des droits de l’homme. Plusieurs de ces observations ont été reprises dans la note que le Sous-Comité d’accréditation a présenté au Comité international de coordination des institutions nationales (CCI).

Il faut rappeler que les délégués algériens à l’ONU ne laissent passer aucune occasion pour décrier les positions des organes de l’ONU, particulièrement celles des experts indépendants et des procédures spéciales. Les ONG et les militants des droits de l’homme n’ont pas manqué de relever le rôle particulièrement actif joué par l’Algérie en 2007 lorsque certains pays, parmi les plus répressifs de la planète, ont tenté d’imposer un « code de conduite » très restrictif destiné à entraver l’indépendance des experts chargés d’enquêter sur les violations.

L’Algérie, par la voix de son représentant permanent auprès de l’ONU, s’est particulièrement distinguée dans cette entreprise. Ce dernier avait notamment défendu le projet de créer un « comité éthique » pour juger les experts de l’ONU qui ne respecteraient pas ce code lorsqu’ils visitent des pays accusés de violations. Finalement, le texte final voté n’a pas repris les propositions les plus contraignantes proposées notamment par l’ambassadeur algérien, tout en réduisant l’action des experts qui constituent pourtant la clé de voûte des mécanismes onusiens de protection des droits de l’homme.

Il est manifeste que, bien qu’elle ait ratifié un grand nombre de traités internationaux, l’Algérie n’en respecte pas les principes de manière satisfaisante mais surtout ne prend pas au sérieux ses organes de surveillance. Les dérapages verbaux se sont multipliés lors de l’examen des rapports périodiques par les Comités des droits de l’homme et contre la torture.

Me Ksentini, président de la CNCPPDH, institution supposée coopérer avec les organes de l’ONU mais également relayer leurs conclusions et recommandations a qualifié les observations du Comité des droits de l’homme d’ » affabulations à haut débit et qui relèvent de la bouffonnerie»[1] ajoutant que ce comité « avait dans le passé pris fait et cause pour le terrorisme contre l’Algérie ».[2] Il refuse catégoriquement la visite de rapporteurs spéciaux sur la torture ou les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires.

Au plus fort de la violence subie par la population dans les années 90, avec ses cortèges de disparitions forcées, d’exécutions sommaires et de victimes de torture, la diplomatie algérienne avait réussi à paralyser l’action de l’ONU disposée alors à demander l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les massacres et autres violations graves des droits de l’homme commises par les forces de sécurité tous corps confondus.

Toujours sous le régime de l’état d’urgence depuis 17 ans, la diplomatie algérienne subit aujourd’hui les contre-coups de son attitude. Les observations des deux Comités de l’ONU en octobre 2007 et mai 2008 rappellent que les commanditaires des disparitions forcées et des massacres n’ont à ce jour pas été appréhendés ni sanctionnés.

En définitive, la rétrogradation de la CNCPPDH par le CCI constitue à n’en pas douter un revers particulièrement grave qui entache une fois de plus la crédibilité de l’Algérie en matière de droits de l’homme.(algerie watche)

[1] Farouk Ksentini: Il n’y a pas de prisons secrètes en Algérie, par Djamel B., Le Quotidien d’Oran, 4 novembre 2007.
[2] idem.

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